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Full text of "Instruction sur l'organisation et la surveillance du service des phares et des fanaux des côtes de France"

665 2 



MINISTÈRE DES TRAVAUX PUBLICS. 



ADMINISTRATION G É N ERALE 
DES PONTS ET CHAUSSÉES ET DES MINE 



INSTRUCTION 

SUR L'ORGANISATION ET I.A SURVE I LL ANC i: 

DU SERVICE 

DES PHARES ET FANAUX 

DES CÔTES DE FRANCE. 



1842. 



INSTRUCTION 

SDK L'ORGANISATION ET LA 8 V RVE1 L L ANCE 

DU SERVICE 

DES PHARES ET FANAUX 

DES CÔTES DE FRANCE. 



MINISTÈRE DES TRAVAUX PURLICS. 



ADMINISTRATION GENERALE 
DES PONTS ET CHAUSSÉES ET DES MINES. 



INSTRUCTION 

SUR L'ORGANISATION ET LA SURVEILLANCE 
DU SERVICE 

DES PHARES ET FANAUX 

DES CÔTES DE FRANCE. 




PARIS. 

IMPRIMERIE ROYALE. 



1842. 
© École Nationale des Ponts et Chaussées 



INSTRUCTION 

SUR L'ORGANISATION ET LA SURVEILLANCE 

DU SERVICE 

DBS 

PHARES ET FANAUX. 



Cette Instruction générale sur la direction du service des 
phares maritimes , aurait pu être fort abrégée , quant aux dé- 
tails concernant l'éclairage, par de plus fréquents renvois 
aux manuels spéciaux, ainsi qu'aux règlements en vigueur. 
Mais c'eût été obliger le lecteur à des recherches embar- 
rassantes; car, si l'on excepte l'Instruction publiée en 1 83 5, 
sur le service des phares lenticulaires des trois premiers 
ordres, tous ces documents sont restés manuscrits. Il était 
donc nécessaire d'en présenter ici le résumé. On a cru, d'ail- 
leurs, devoir le faire précéder de vues d'ensemble et d'a- 
perçus théoriques qui ne pouvaient trouver place dans les 
manuels à l'usage des gardiens-allumeurs. 

Ces notions générales font l'objet d'une première section; 

La seconde section embrasse l'organisation du service; 

La troisième et dernière section, qui est en quelque sorte 
le corollaire des deux autres, répond spécialement au titre 
de cet écrit, en traçant la marche à suivre, et en signalant 
les points essentiels à considérer dans la conduite et la sur- 
veillance du service des phares. 



X C.ltPgO 

«pareil 



PREMIÈRE SECTION. 

NOTIONS SUR LA COMPOSITION ET LE SERVICE DES AFPAREII.S 
D'ÉCLAIRAGE DES PHARES MARITIMES. 

Les phares et fanaux des côtes de France se divisent, 
quant au mode de leur éclairage, en deux catégories essen- 
tiellement distinctes : la première comprenant les nouveaux 
établissements éclairés par des appareils lenticulaires ou diop- 
triques, et la seconde, les phares et fanaux à réflecteurs ou 
catoptrùjues. 

Dans l'un et l'autre système , la condition principale à 
remplir est de diriger vers l'horizon les rayons émanés 
d'un ou de plusieurs foyers de lumière. 

Quatre ordrc3 Les appareils lenticulaires ont été jusqu'ici classés en 

principaux . . 

a appareil» quatre ordres principaux : 

lenticulaires. ' . . 

. Les trois premiers comprennent les phares de i5 à 3o 
milles marins de portée , et le quatrième ordre , les simples 
fanaux, dont l'horizon ne s'étend guère au delà de 9 à 12 
milles marins. 

Cette classification n'a pas été appliquée aux appareils à 
réverbères. On ne les divise communément qu'en deux 
ordres, selon qu'ils sont disposés pour l'éclairage des phares 
proprement dits, ou des simples fanaux d'entrée de port. 

Il y a particulièrement à considérer, dans les appareils 
d'éclairage des phares, quelle que soit leur espèce, 



l"' SECTION. NOTIONS GÉNÉRALES. 3 

i° Le système optique, ainsi que les effets de lumière qui 
en résultent; 

2° L'armature qui unit entre elles les pièces du système 
optique ; 

3° L'espèce de lampe employée a l'illumination de l'ap- 
pareil ; 

4° Enfin, s'il s'agit d'un feu changeant, la machine de 
rotation qui met en jeu les pièces optiques mobiles. 



CHAPITRE F. 

PHARES ET FANAUX LENTICULAIRES. 



S I". 
SYSTÈME OPTIQUE. 

Le système optique des appareils lenticulaires se com- 
pose de deux parties, l'une principale, l'autre accessoire : 

La partie principale est un tambour dioptrioue, dont le 
centre de figure répond au foyer commun. 

La partie accessoire destinée à utiliser les rayons lumi- 
neux passant tant au-dessus qu'au-dessous du tambour 
dioptrique, ou qui divergeraient du côté de terre, est 
formée, soit de panneaux lenticulaires combinés avec des 
miroirs plans, soit de simples zones de miroirs concaves, soit 
enfin d'anneaux réfringents et réfléchissants, dits anneaux cata- 
dioptriques. 

Trois caractères principaux résultent, pour les feux, des ç«r»c«t« 



Phares et fin 
Icnliculam 



Appareil: 

feu fisc. 
Fig. i". 



Appareils 

e'clîpses . 
Fig. »• 



4 INSTRUCTION SUR LU SERVICE DES PHARES. 

diverses combinaisons auxquelles on a soumis jusqu'ici la 
construction des tambours dioptriques, savoir : 

i° Feu fixe ; 

i" Feu à éclipses; 

3° Feu varié par des éclats précédés et suivis de courtes 
éclipses. 

La coloration des feux a été écartée du système général 
d'éclairage des côtes de France, et n'a été admise, en quel- 
ques circonstances, qu'à titre d'exception. 

Le tambour en verre d'un appareil h feu fixe peut être 
considéré comme engendré par la révolution, autour de 
son axe , d'un segment vertical profilé de manière à réfrac- 
ter horizontalement les rayons émanés du foyer *. 

Si l'on suppose que le segment générateur, au lieu de 
tourner autour de la verticale passant par son foyer, tourne 
autour de son axe horizontal, il produira, clans sa nouvelle 
révolution, un disque à zones concentriques ayant la pro- 
priété de réfracter perpendiculairement à son plan tous 



1 Le segment générateur pourrait, théoriquement, être profilé en courbe 
continue. Mais, dans cette hypothèse, la zone centrale présenterait une épais- 
seur démesurée, et c'est par cette considération que l'on a été conduit au 
profil échelonné dans lequel la matière inutile se trouve supprimée. Il est d'ail- 
leurs à remarquer que la décomposition du solide de verre en zones, qui 
s'exécutent séparément, permet d'atténuer l'aberration de sphéricité, cl d'au- 
tant plus que les divisions sont pins multipliées. 

Le coulage et la taille des zones annulaires des tambours dioptriques à feu 
fixe présentent, pour les appareils des trois premiers ordres, d'assez graves 
difficultés. On s'en était affranchi aux débuts de cette fabrication , en substi- 
tuant aux anneaux circulaires un assemblage polygonal d'éléments prismati- 
ques; mais aujourd'hui toutes ces pièces s'exécutent dans la forme annulaire. 



l" SECTION. — NOTIONS GENERALES. 5 

les rayons qu'il recevra du foyer. La lumière serait donc 
transmise en faisceau cylindrique, si le corps éclairant était uï'icuhZ 
réduit à un point mathématique; mais, à raison des dimen- 
sions plus ou moins grandes de la flamme focale , le faisceau 
réfracté sera plus ou moins divergent. 

Si l'on conçoit maintenant qu'un tambour prismatique ir, s- 3 - 
formé d'un assemblage de panneaux de cette espèce, illu- 
minés par un foyer commun, reçoive un mouvement de 
rotation autour de son axe, il promènera sur l'horizon au- 
tant de faisceaux lumineux qu'il comprendra de panneaux, 
et l'apparition de chaque éclat sera précédée et suivie d'une 
éclipse. La durée de cette apparition sera d'ailleurs mesurée 
par le rapport entre la divergence des faisceaux et la vitesse 
de rotation. 

Telle est la disposition de la partie principale des phares 
lenticulaires à éclipses. 



La troisième combinaison consiste à faire tourner, au- a P m 



fou fixe 



tour d'un tambour dioptrique de la première espèce, deux 
ou trois panneaux lenticulaires formés d'éléments cylin- Fi g . 4. 
driques verticaux, dont la section horizontale satisfait â la 
condition de réfracter, parallèlement à son axe, les rayons 
divergents émanés du tambour fixe. L'interposition de ces 
panneaux mobiles produit ainsi un vif éclat, qui est pré- 
cédé et suivi d'une courte éclipse, après laquelle reparaît le 
feu fixe. 

La partie accessoire des appareils lenticulaires servant à Pnnio accesso». 

, des appareils, 

.1 éclairage des phares à grande portée, est généralement — 7 
formée d'un système fixe de miroirs concaves disposés en Fig. 5. 



l'hartt cl fanant 



6 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

zones horizontales au-dessus et au-dessous du tambour 
dioptrique. 

, Chacune de ces zones peut être considérée comme en- 
gendrée par la révolution d'un are de parabole ayant pour 
foyer celui de l'appareil et tournant autour de la verticale 
passant par ce même foyer *. Elles sont d'ailleurs échelon- 
nées de manière à recueillir tous les rayons compris dans 
la partie de la sphère lumineuse qu'elles embrassent. 

Ces zones se composent d'un nombre de miroirs plus 
ou moins grand, selon l'ordre de l'appareil. 

Chacun de ces miroirs est soutenu par trois pattes à vis , 
et sa position se trouve réglée lorsqu'en plaçant l'œil au 
point focal, on voit l'horizon maritime se peindre au milieu 
de la glace. 



Aux deux phares de Cordouan et de Marseille , le tam- 
" ° P1 """ "" bour dioptrique tournant est surmonté d'un système acces- 
«aatoroSdiw soire également mobile, composé de huit panneaux lenti- 
culaires et d'autant de miroirs plans. 

Les panneaux lenticulaires additionnels , ayant leur foyer 
commun au centre du tambour, sont disposés en toit pyra- 



,oir. 0. 
Fig. 6. 



1 Cette communauté de foyer avec le tambour dioptrique n'a rigoureu- 
sement lieu que pour les zones supérieures. Les zones inférieures ont cha- 
cune un foyer particulier un peu supérieur au premier, et d'autant plus 
élevé qu'elles sont plus basses, disposition commandée par l'opacité du bec. 

La même observation s'applique aux anneaux catadioptriques des petits 
appareils de 4 e ordre. 

Dans l'impossibilité de donner aux glaces une courbure parabolique, on 
a pris pour générateur de chaque zone l'arc du cercle oscillateur au point 
milieu de l'arc de parabole qu'elle embrasse. Ces glaces ont d'ailleurs été 
rodées sous forme cylindrique ou sphérique. 



l'' SECTION. — NOTIONS GÉNÉRALES. 7 

niiclal tronqué, et projettent ainsi vers le ciel huit fais- «bhbi i". 
ceaux lumineux, qui sont ramenés à l'horizon par les %!,'£•£* 
miroirs plans. Ce système catadiop trique accessoire est 
d'ailleurs disposé, par rapport au tambour dioptrique, de 
manière à ce que les éclats additionnels précèdent les 
grands éclats de quelques secondes. 

Dans les petits fanaux lenticulaires, dits catadioptriques , I '" li0 
les zones de miroirs sont remplacées par des anneaux à 
section triangulaire. Les rayons émanés du foyer commun «udiopiriqui». 
sont réfractés à leur entrée dans le triangle. Ils'sont ensuite 
réfléchis intérieurement par le grand côté , et sortent par 
le troisième côté en subissant une seconde réfraction l . 



tuparcils. 



Lorsque l'horizon maritime d'un phare dioptrique n'em- i'«i>« acceMoiro 

x des appareils. 

brasse pas un espace angulaire de plus de trois quarts de — 

< Grauds 

cercle, on dispose ordinairement, dans le secteur qui peut réflecteurs 

x x ù courbure 

rester obscur, un ou plusieurs réflecteurs à courbure sphé- *&Mqu. 
rique, pour ramener au foyer les rayons lumineux qui 
divergeraient en pure perte du côté de terre. 



1 Le grand côté du triangle générateur de ces anneaux de verre, présente 
extérieurement une courbure convexe. Les deux autres côtés sont l'un convexe , 
l'autre concave, et de même rayon de courbure, en sorte que la convergence 
produite par le premier, est compensée par la divergence résultant du second. 
L'effet serait le même , si les deux côtés adjacents à l'angle obtus étaient 
droits. La forme curviligne n'a été adoptée que comme étant d'une plus 
facile exécution que la forme rectiligne. 

Les nouveaux progrès de la fonte et de la taille du verre ont permis d'en- 
treprendre récemment la construction d'appareils caladioptriques de 3 e et 
même de i" ordre. 



8 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

CH1PITRE .". § JJ 

Pltans et fanaux 
Unticalaira, ARMATURES DES APPAREILS LENTICULAIRES. 

Les armatures des phares lenticulaires présentent des 
dispositions variées ; mais on croit superflu de les décrire 
ici, attendu qu'elles sont généralement assez peu compli- 
quées, pour qu'au premier abord on puisse aisément s'en 
rendre compte. Ces armatures sont au surplus de cons- 
truction assez solide, pour n'exiger ordinairement qu'un 
entretien de propreté. 

§ III. 

LAMPES MÉCANIQUES ET AUTRES EMPLOYEES À L'ECLAIRAGE 
DES PHARES ET FANAUX LENTICULAIRES. 

Les phares lenticulaires des trois premiers ordres sont 
éclairés par des lampes mécaniques , dont le bec est garni de 
mèches cylindriques concentriques, au nombre de deux, 
trois ou quatre , selon qu'elles appartiennent à des appareils 
de troisième, de deuxième ou de premier ordre. 

On emploie pour les fanaux de /i° ordre des lampes or- 
dinaires à niveaa constant, ou des lampes hydrostatiques. 

mlc'âVu'os ' jes ^ am P es mécaniques des phares ont toutes pour mo- 
teur un poids dont la corde est enroulée sur un treuil placé 
au-dessous du réservoir d'huile. 

La transmission du mouvement du treuil aux pompes 
comporte de nombreuses combinaisons. Nous nous borne- 
rons à mentionner les trois systèmes actuellement employés, 
savoir : 

i° Lampe à mouvement d'horlogerie, mettant en jeu des 
pompes à poche; 



l" SECTION. NOTIONS GENERALES. ( J 

2° Lampe à échappement à chevilles , avec pompes dispo- aumm 
secs comme dans le premier système ; '£'«?£ 

3° Lampe à cames communiquant un mouvement alter- 
natif aux pistons de deux corps de pompes immergés dans 
le réservoir. 



Le mécanisme des lampes de la première espèce offre 
la disposition ordinaire de celui des tourne-broches, et a pour 
modérateur un volant à ailes. Ce mécanisme transmet, par 
un engrenage d'angle, un mouvement de rotation à un arbre 
vertical qui traverse le réservoir d'huile et s'élève à la hau- 
teur du corps de pompes fixé sur le couvercle du seau. 
L'arbre tournant communique, par l'intermédiaire d'un 
système de leviers coudés ou de roues dentées, un mou- 
vement rectiligne alternatif aux bielles des pompes. 

Le corps de pompes comprend trois ou quatre chambres. 

Les poches ou valvules sont en peau de mouton ou 
autre cuir souple et mince. 

Les clapets sont généralement en cuir. Ceux des anciennes 
lampes sont taillés dans deux bandes, l'une pour les orifices 
inférieurs, l'autre pour les orifices supérieurs. Chacun de 
ces clapets, découpé au moyen d'un emporte-pièce, est 
maintenu par une petite languette formant charnière. 

Dans les lampes nouvelles, les clapets sont formés de 
simples rondelles de cuir , isolées dans leurs chambres. 

La douille du bec de lampe à mèches multiples s'ajuste 
au moyen d'un raccord à vis et rondelle de cuir, sur le 
milieu du corps de pompes. 

Les causes les plus ordinaires de perturbation dans les 
lampes de ce système, sont: 



' "sr 

lampes 
moduiiques. 

Lampes 
d'horlogerie. 



10 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

chantas i". i° Le dérangement ou le défaut de mobilité des clapets, 
Micâtaru. altérations qui proviennent le plus souvent de négligence 
dans le nettoiement; 

2° La détérioration des valvules; 

3° Le défaut de mobilité du volant; 

k° L'usure de l'engrenage d'angle répondant au pied de 
l'arbre vertical cru" transmet le mouvement aux pompes; 

5° Quelque dérangement dans les positions relatives des 
petites roues dentées auxquelles se rattachent les bielles 
des pompes de la plupart des lampes à mouvement d'hor- 
logerie. 



2* espeo 

de 

Linipcs 



i échappement 
à cbevïlUa. 
Fig. i3. 



Dans les lampes de la seconde espèce , ou lampes Ilemy- 
Lepaute, le treuil moteur porte une roue de champ garnie, 
sur les deux faces de son limbe , de petits rouleaux perpen- 
diculaires à son plan. Ces rouleaux forment échappement 
avec les quatre becs de leviers coudés, qui transmettent 
un mouvement circulaire alternatif à deux arbres verticaux 
traversant le réservoir d'huile. Ces arbres communiquent, 
enfin, par l'intermédiaire de leurs bras supérieurs , un mou- 
vement rectiligne alternatif aux bielles de quatre pompes. 

Le corps de ces pompes est disposé comme dans les 
lampes à mouvement d'horlogerie, avec cette seule diffé- 
rence que l'ajutage qui le surmonte renferme un diaphragme 
percé d'un très-petit orifice appelé troa-régulateur 1 . 

Aux deux premières causes de perturbation notées à l'ar- 



' Ce nouveau système de lampes, imagiué quelque temps après la publica- 
tion de l'Instruction de 1835, a paru préférable à celui des lampes à mouve- 
ment d'horlogerie, cl a été exclusivement appliqué aux phares lenticulaires 
des trois premiers ordres établi, depuis 1837. 



Il m::: 



l" SECTION. NOTIONS GÉNÉRALES. . 1 1 

ticl'e précédent, s'ajoutent, pour la lampe Heury-Lepaate , c 

. l'haru el /au 

les deux suivantes : hutieshim 

i° L'obstruction du trou régulateur ou son excès d'ou- 
verture ; 

2° Quelque altération dans la forme ou la disposition 
relative des pièces de l'échappement; 

Cette dernière altération peut tenir au simple relâche- 
ment de quelques vis, et notamment de celles qui main- 
tiennent les becs d'échappement. 

Dans les lampes à cames, le treuil moteur est garni, à 3'espkc 
l'une de ses extrémités , d'une roue de champ engrenant avec , la, T" 
deux pignons sur le devant de chacun descraels est fixée — 

* ° x Lampes 

une came, qui rencontre alternativement deux chevilles 
ajustées sur une tige verticale. Cette tige traverse, dans une 
boîte à cuir, le fond du réservoir d'huile, et porte à son 
extrémité supérieure un large piston circulaire, qui se meut 
dans un corps de pompe cylindrique entièrement immergé 
clans l'huile. 

Chacun des deux corps de pompe communique du haut 
et du bas avec une boîte à clapets, de manière à produire 
un jet continu dans le tuyau ascensionnel du bec de lampe. 

Ce tuyau porte à sa partie supérieure, immédiatement 
au-dessous du raccord, un diaphragme percé d'un petit 
orifice, comme dans les lampes delà seconde espèce. 

Les principales causes de perturbation sont, pour les 
lampes à cames, 

i° L'obstruction ou l'excès d'ouverture du trou-régulateur; 

2° Le défaut ou l'excès de jeu des tiges des pistons clans 
leurs boîtes à cuir; 



Fig. .6. 



1-2 



INSTRUCTION SUB LE SERVICE DES PHARES. 



Plans et fanaux 
hnlicautirts. 



3° La détérioration de ces pistons; 
k" L'épaississement de l'huile dans le corps de pompe 
et les chambres des clapets, par défaut de nettoiement 1 . 



observations Les lampes mécaniques employées au service des phares 
sur k» lampes d es trois premiers ordres, doivent, quelle que soit leur 

mécaniques. *■ x ± 

composition, élever dans un temps donné quatre fois la 
quantité d'huile consommée durant le même temps, c'est- 
à-dire : 



Pour le i" ordre. 



3" 



gramm. kii. gr, 

Il x ySo == 3,000 par heure. 

4 x 5oo = 2,000 

li x 190 = 760 



Cette surabondance du triple est nécessaire, pour que 
le bec ne s'échauffe qu'au degré convenable. Si, d'ailleurs, 
elle excédait le quadruple, on ne pourrait que difficilement 
porter la flamme à la hauteur normale, à moins d'élever la 
mèche au-dessus de la limite fixée , ce qui déplacerait le 
point focal. 

Le débit des lampes à mouvement d'horlogerie se règle 
en modifiant convenablement l'inclinaison des ailes du vo- 
lant et le poids moteur. 

Dans les lampes nouvelles, où l'écoulement a lieu par 
un petit orifice invariable , le gardien n'a d'autre moyen de 
modifier en plus ou en moins le produit des pompes , que 
d'augmenter ou de diminuer le poids moteur; et l'on conçoit 

1 Les lampes à cames n'ont reçu qu'une application très-restreinte , et il 
est probable qu'avant peu leur usage sera complètement abandonné , eu égard 
surtout aux chances de perturbation signalées sous les a" 2 et 3. 



l" SECTION. — NOTIONS GÉlfKHALES. 13 

d'ailleurs que ce produit sera d'autant plus uniforme que oum 
l'orifice sera plus petit et la charge plus grande. h"ncdt 

Mais le volume de l'huile débitée par le bec des lampes 
de ce genre ne dépend pas uniquement de la puissance mo- 
trice et de la section du trou régulateur. On a reconnu, en 
effet, que le produit des pompes augmentait de près de moi- 
tié, au bout de quelques heures de combustion , à raison de la 
diminution de viscosité qu'éprouve l'huile en s'échauffant. 

La conséquence à tirer de ce fait , est que , pour n'avoir 
pas à modifier le poids moteur durant le service de nuit, 
il faudrait que la lampe fût réglée de telle manière que son 
débit à froid ne fût guère que les 2/3 du produit normal 
ou les 8/3 de la consommation du bec '. 

D'après l'article 2 5 de l'Instruction publiée en i835, sur 
le service des phares lenticulaires , les hauteurs auxquelles 
doivent être portées les flammes des lampes mécaniques 
des trois premiers ordres , ont été respectivement fixées 
ainsi qu'il suit : 

Pour le i cr ordre îoàii centimètres. 

• 2° 8à y 

3° 7 à 8 

On arrive à obtenir ce développement, et on le main- 
tient en réglant convenablement la hauteur des mèches 
et du coude de la cheminée de cristal, ainsi que l'ouver- 

1 L'addition d'un robinet régulateur paraît offrir le moyen le plus simple 
de modifier, à volonté le produit des pompes dans les lampes de ce genre, et 
nous avons récomment fait introduire cette pièce nouvelle dans une lampe 
dont le mécanisme a d'ailleurs été extrêmement simplifié. L'expérience ap- 
prendra si les avantages que semble promettre le robinet l'emportent effecti- 
vement sur les inconvénients que pourra présenter son emploi. 



w 



\ll ■ INSTRUCTION SUR I.E SERVICE DES PHARES. 

ciupit!.» i«. lure de l'obturateur en tôle qui surmonte cette cheminée. 
' '7,'k'',£m™ Les mèches sont élevées graduellement , pendant les pre- 
mières heures de la combustion, jusqu'à 7 millimètres au- 
dessus du bec, point qu'elles ne doivent que très-rarement 
et très-peu excéder. 

En élevant le coude de la cheminée, on augmente le 
développement de la flamme, mais on lui fait prendre une 
teinte rougeâtre si l'on dépasse une certaine limite. 

On restreint le développement de la flamme, et on la 
rend plus blanche en abaissant la cheminée. 

C'est en tournant à droite ou à gauche la robe mobile 
qui porte la cheminée, qu'on l'abaisse ou qu'on l'élève. 

La disposition des becs dans les nouvelles lampes se 
i-ig. 17 h ,s. prête très-bien a cette manœuvre. Mais avec les anciennes 
lampes mécaniques, dont la robe est embrassée parle col- 
lier à vis du support du bec, il faut d'abord desserrer ce 
collier, puis maintenir le bec pour éviter de dévisser le rac- 
cord en faisant tourner la robe. 

La manœuvre de l'obturateur, est celle à laquelle on a 
Fi g . 9 bu. le plus fréquemment recours. Lorsqu'on ferme la clef, la 
flamme augmente de volume et diminue de blancheur. La 
manœuvre inverse produit l'effet contraire. 



Ccntrago 

<IC3 loilllIPS 

.le» phare* 
Ivulicuhircs 



Pour qu'un appareil lenticulaire soit convenablement 
illuminé, il faut, en ce qui touche la position de la lampe 
de service, 

i° Que l'axe du bec de cette lampe se confonde avec 
l'axe de l'appareil ; 

2 Que le dessus de ce même bec soit de niveau, et se 
trouve en contre-bas du plan focal. 



l" SECTION. NOTIONS GÉNÉRALES. 15 

de 28 millimètres pour le 1"" ordre. 

• de 26 pour le 2 

et de 2 A pour le 3° 

L'Instruction à l'usage des gardiens des phares lenticu- 
laires décrit ainsi qu'il suit les diverses opérations par les- 
quelles on règle la position de la lampe : 

i° «On détermine d'abord la position du centre de l'ap- 
« pareil, au moyen de deux fils tendus diamétralement entre 
«les milieux de quatre montants des cadres des lentilles; 

2 «On ajuste sur le bec une jauge en bois, disposée a 
«cet effet, et dont le milieu est marqué d'une manière bien 
« apparente. 

3° « A l'aide des coulisses du trépied, on amène la lampe 
«à peu près à hauteur convenable, ou, s'il ne s'agit que 
«d'une différence de 10 à 10 millimètres au plus, on se 
«borne à faire jouer les écrous de calage. On pose ensuite 
«sur la couronne du bec un petit niveau à bulle d'air, et, 
«d'après ses indications, on cale la lampe de manière a ce 
« que le dessus de ce bec se trouve horizontal ; 

à° «Pour centrer le bec, c'est-à-dire pour l'aire corres- 
« pondre le milieu de la jauge avecle'point où les deux (ils 
«se croisent, on desserre les écrous supérieurs des vis de 
«calage, et l'on déplace horizontalement la lampe autant 
« qu'il peut être nécessaire pour l'amener à la position con- 
« venable -, 

5° «On replace enfin le petit niveau sur la couronne 
« du bec, et si l'on reconnaît qu'elle n'est pas horizontale, on 
«la ramène à cette position, en observant de satisfaire en 
« même temps aux deux premières conditions relatives au 
« centrage et à la hauteur. » 



16 



INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES 1>UARES. 



uhei". Dans les appareils lenticulaires de troisième ordre, petit 
ïJaim. modèle, tels que ceux de l'embouchure de la Loire, le tré- 
pied à coulisse se trouve remplacé par un plateau mobile , 
qui s'élève ou s'abaisse au moyen d'un cric. 



Réveil i carillo 
des lampe» 



Pour faciliter la surveillance des gardiens, on adapte à la 
lampe de service des phares lenticulaires un réveil à caril- 
lon. L'échappement de ce mécanisme est retenu par la 
queue d'un levier portant à l'autre extrémité un godet percé 
d'un petit trou. Ce vase est placé sous l'égouttoir du bec, et 
tant qu'il est entretenu plein d'huile il soutient son contre- 
poids ; mais si l'ascension de l'huile vient à s'arrêter, le go- 
det se vide, le contre-poids s'abaisse et le carillon dégagé 
de son arrêt entre aussitôt en jeu. 



Lampes Les lampes à niveau, constant sont d'un usage si répandu , 

mu cousumi. q U 'il est presque superflu de les décrire ici. On sait que leur 
réservoir, garni d'une soupape, s'emboîte dans le corps de 
lampe, et qu'à l'instant où la tige de la soupape vient tou- 
cher le fond de ce second vase, elle se relève, ce qui éta- 
blit la libre communication du réservoir avec le bec. 

11 faut, pour que ces lampes soient régulièrement ali- 
mentées : 

i° Que l'extrémité de l'ajutage inférieur du réservoir 
soit de quelques millimètres plus bas que la couronne du 
bec; 

2° Que l'air extérieur arrive librement à l'orifice inférieur 
dudit réservoir, pour remplacer l'huile à mesure qu'elle 
est consommée. 

Les becs des lampes ù niveau constant employées à l'é- 



© École Nationale des Ponts et Chaussées 



l" SECTION — NOTIONS GÉNÉRALES. 17 

clairage des appareils catadioptriques, présentent généra- 



lement la disposition ordinaire des becs à double courant i 



PhmH-fi» 

d'air, et sont coiffés d'une cheminée coudée '. 

L'expérience a fait reconnaître que les becs tout en cuivre 
(laiton), sont d'un mauvais emploi. Au bout de moins 
d'une année de service , il arrive souvent que leur couronne 
se trouve ébrécbée. Dès lors la relation de niveau entre le 
bord de cette couronne et l'orifice inférieur du réservoir 
étant altérée , l'huile se dégorge par un 'mouvement continu. 

Pour prévenir un aussi fâcheux inconvénient on a, de- 
puis peu, substitué des tubes en fer étiré aux tubes en 
cuivre, dans la construction des becs des lampes à niveau 
constant destinées à l'éclairage des fanaux catadioptriques. 

L'envoi de ces lampes comprend toujours quelques becs 
de rechange; mais, toute simple que soit l'opération con- 
sistant à dessouder un bec et à le remplacer par une autre 
pièce semblable, elle a été la plupart du temps fort mal exé- 
cutée par les ferblantiers auxquels on l'a confiée dans les 
déparlements. C'est pour prévenir ces mal-façons que, dans 

1 On a applique à quelques lampes d'appareils catadioptriques , et l'on em- 
ploie encore (en 18/12) pour les deux fanaux du Pertuis-Brelon , des becs 
de l'espèce dite à la Bordicr-Murcct. Ils diffèrent particulièrement des becs p|. , 
ordinaires à quinquet, sous les rapports suivants : 

1° Le porte-miche est indépendant du bec dans lequel il s'engage par 
simple emboîtement. Il est formé de deux petites corbeilles concentriques, 
à claire-voie, entre lesquelles s'ajuste la mèche, sans addition d'aucun mé- 
canisme pour l'élever ou l'abaisser; 

2° La cheminée, de forme à peu près cylindrique, est soutenue un peu 
au-dessus du bec par un porte-verre mobile. 

Pour faciliter le centrage dans les appareils dont il s'agit, on a monté les 
becs de lampe sur un tube latéral passant dans une boîte à cuir, disposition 
qui permet le déplacement dans les deux sens vertical et horizontal. 



ciuriTnE i". 

Phara ctfanaui 

itnticulaircs. 



18 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

les lampes récemment exécutées, on a rattaché le tuyau 
alimentaire du bec à l'ajutage du corps de lampe, par un 
raccord à vis et à rondelle de cuir. 

La galerie mobile, dans laquelle s'ajuste le pied de la che- 
minée de cristal d'une lampe à double courant d'air, est 
ordinairement formée de deux robes concentriques. Elle 
emboîte le bec à frottement doux, et l'on augmente au be- 
soin ce frottement en infléchissant légèrement en dedans , 
avec une pince plate , les lames élastiques de la robe inté- 
rieure. 

1 La mèche, bien régulièrement coupée, doit être main- 
tenue à 6 ou 7 millimètres au-dessus du bec. Si l'on excé- 
dait cette hauteur, on donnerait momentanément plus de 
développement à la flamme; mais bientôt l'effet contraire 
se manifesterait , attendu que la mèche , venant à charbonner, 
perdrait son action capillaire. 

La hauteur de flamme répondant à l'effet complet des 
lampes de cette espèce, est de ho à 45 millimètres. On l'ob- 
tient en élevant au point convenable la galerie mobile qui 
porte la cheminée de cristal. Si l'on dépasse ce point, la 
flamme deviendra rougeâtre et pourra fumer. Si l'on pèche 
par l'excès contraire , elle se maintiendra blanche , mais sans 
atteindre au développement normal. 

Pour que la partie la plus brillante de la flamme réponde 
au foyer principal des anneaux de verre , il faut que l'axe 
du bec se confonde avec l'axe de l'appareil , et que le des- 
sus de ce même bec se trouve à 20 ou 22 millimètres en 
contre-bas du plan milieu de l'anneau central. 

Les gardiens des fanaux catadioptriques n'ont pas ordi- 
nairement à s'occuper du centrage de la lampe à niveau 



l" SECTION. NOTIONS GÉNÉRALES. 19 

constant , vu que sa position est commandée par celle de mumn »*'• 
ses agrafes de suspension. Toutefois, comme il peut arriver, Efc»T 
après ia restauration ou le renouvellement de ces lampes, 
que le bec se trouve quelque peu déplacé, il devient alors 
essentiel de vérifier le centrage. 

Afin de rendre cette vérification facile, on a fixé, sur les 
quatre nervures ou montants des appareils catadioptriques 
récemment exécutés, de petits boutons servant à attacher 
des fils diamétraux , ainsi que dans les appareils des ordres 
supérieurs. 

Deux modèles ont été adoptés jusqu'ici pour le bec des 
lampes dont il s'agit: l'un de 2 1\, et l'autre de 22 millimè- 
tres de diamètre mesuré au milieu de l'espace annulaire oc- 
cupé par la mèche. 

La consommation en huile est évaluée moyennement, 
pour le gros bec, à 60 grammes par heure, et pour le 
petit à Zi5 grammes. 

L'application aux lampes à niveau constant d'un bec à uiugu 
double mèche, est essayée depuis quelque temps avec suc- 
cès au fanal d'Alpreck , ainsi qu'au phare provisoire des 
Sables-d'Olonne. 

Ce bec, d'un calibre inférieur à celui des lampes de troi- 
sième ordre, consomme environ 1 i5 grammes d'huile par 
heure. Son service ne diffère de celui des becs ordinaires 
qu'en ce que le développement de la flamme, pendant la 
première heure de la combustion, doit être conduit plus 
lentement. 



au constant 

et à 
lie double 



Lamp 

On a appliqué aux fanaux catadioptriques disposés pour M»«>i 

Fiff. a 3 t 



La . 

.iques. 
Fig. 33 El 33. 



20 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

éclairer tout leur horizon , la lampe hydrostatique au sulfate 
de zinc, dite lampe Thilorier, du nom de son inventeur. 

Cette lampe comprend deux réservoirs : l'un, supérieur, 
rempli de sulfate de zinc liquide, et l'autre rempli d'huile 
de colza. 

La pesanteur spécifique du premier liquide est réglée à 
une fois et demie celle du second. 

Un tube de descente partant du fond du réservoir su- 
périeur et se terminant un peu au-dessus du fond du vase 
à huile, établit entre eux la communication. 

Un second tube, partant du couvercle du vase inférieur 
et aboutissant au bec de lampe , sert à l'ascension de l'huile. 

Le couvercle du réservoir supérieur est traversé par un 
tube ouvert, engagé dans une boîte à cuir. 

Ce tube régulateur doit être descendu à un niveau tel, 
que la colonne de sulfate de zinc, immédiatement inférieure 
à ce niveau, fasse équilibre à la colonne d'huile affleurant 
le bord du bec. 

A mesure que l'huile brûle , l'air s'introduit par le tube 
régulateur, et vient occuper le haut du vase supérieur, 
comme dans les lampes ordinaires à niveau constant. Il y 
a toutefois cette différence essentielle que la permanence 
de niveau, durant la combustion, n'existe pas pour les 
lampes hydrostatiques de cette espèce. En effet, à mesure 
que le sulfate de zinc prend la place de l'huile dans le vase 
inférieur, les deux colonnes liquides se raccourcissent d'é- 
gale quantité, et dès-lors leur rapport primitif de deux à trois 
se trouverait altéré s'il n'était incessamment rétabli, durant 
la combustion, par l'abaissement graduel de l'huile au-des- 
sous de la couronne du bec. 



l" SECTION. NOTIONS GÉNÉRALES. 21 

C'est pour atténuer autant que possible cette dénivella- 
tion, que l'on a donné un aussi large diamètre au réservoir 
inférieur. On a , de plus , ajusté le tube régulateur dans une 
boîte à cuir, afin que le gardien puisse ramener au besoin 
l'huile à fleur du bec, en relevant ce tube d'une quantité 
à peu près égale aux 2/3 de la dépression. Cette correction, 
au surplus, n'est pas indispensable, même durant les plus 
longues nuits, lorsque la lampe se trouve bien réglée et 
que l'huile et la mèche sont de bonne qualité. 

Pour garnir d'huile une lampe Thiiorier, ou coiffe son 
bec d'un entonnoir -bouchon, qui ne communique qu'avec 
l'intérieur de cette lampe, et présente la hauteur voulue 
pour qu'une colonne d'huile, affleurant sa cuvette et abou- 
tissant à A ou 5 millimètres au-dessus du fond du réservoir 
inférieur, fasse équilibre à une colonne de sulfate de zinc 
s'élevant jusqu'au couvercle du réservoir supérieur. 

La mèche doit être maintenue à 7 ou 8 millimètres au- 
dessus du bec, et la flamme en plein développement se 
soutient à 45 ou 5o millimètres de hauteur. 

La cheminée est portée sur une galerie tournante qui 
s'élève ou s'abaisse au moyen d'un ajustement à vis et 
écrou. 

Pour transporter ces lampes sans s'exposer à répandre 
le liquide, on ferme l'orifice du tube régulateur par une 
petite cheville en bois tendre, et l'on coiffe le bec d'un 
couvercle disposé intérieurement comme le pied de l'enton- 
noir-bouchon. 

La position du bec d'une lampe hydrostatique dans l'ap- 
pareil qu'elle doit éclairer peut être réglée à 2 k ou 2 5 mil- 
limètres au-dessous du plan focal. Cette lampe repose sur 



Mare. et fat 
Unliculain 



Plans tt fanai 
taiticuluires. 



22 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

un plateau mobile dont le mouvement est facilité par un 
contre-poids. Un arrêt est disposé pour fixer ce système à 
hauteur convenable, en sorte qu'une fois l'appareil installé, 
l'on ne devrait plus avoir à s'occuper du centrage. Toute- 
fois, il est bon de le vérifier de temps à autre, surtout 
après qu'il y a eu changement, ou même simple restauration 
des lampes. 

Comme tous les appareils de ce genre, les lampes Thi- 
lorier sont sujettes à l'engorgement de leurs tubes. Pour 
prévenir cet inconvénient, il faut avoir soin de les rincer 
tous les six mois, à l'eau de lessive bouillante. 

11 est essentiel de vérifier, au bout d'un certain temps , 
si le sulfate de zinc conserve une pesanteur spécifique exac- 
tement égale à une fois et demie celle de l'huile de colza. 
A cet eifet, on vide entièrement la lampe dans un vase de 
capacité suffisante, on décante l'huile, puis on plonge dans 
le liquide salin un aréomètre qui porte une marque unique 
répondant à la densité requise. Si cette densité est trop 
forte, on ajoute de l'eau pure jusqu'à ce que la marque de 
l'aréomètre descende à la surface du liquide. Si, au con- 
traire, le sulfate liquide se trouve trop léger, on augmente 
sa pesanteur par l'addition de la quantité nécessaire de sul- 
fate sec. 

Le diamètre du bec des lampes hydrostatiques employées 
à l'éclairage des fanaux catadioptriques est de 2 1 milli- 
mètres, mesure répondant au milieu de l'espace annulaire 
occupé par la mèche. 

La consommation d'huile s'élève moyennement à 55 
grammes par heure. 



»** SECTION. NOTIONS GENERALES. 23 

S IV. 

MACHINES DE ROTATION DES APPAREILS LENTICULAIRES. 

Les machines de rotation des nouveaux phares et fanaux 
présentent les combinaisons ordinaires des mouvements 
d'horlogerie à volant, sauf en ce qui concerne ce modé- 
rateur. 

La disposition horizontale a été appliquée jusqu'ici aux 
machines des appareils tournants de 1 cr et de 3° ordre. Les 
rouages ont été superposés dans les machines des 2° et ti° 
ordres, pour réduire au minimum le volume du méca- 
nisme. 

Les volants des machines des trois premiers ordres com- 
prennent trois parties distinctes : 

i° Deux halles modératrices; 

2° Deux ailes mohiles cpii se développent par l'écarte- 
ment des halles ; 

3° Deux ailes supérieures dites fixes , dont on peut faire 
varier à volonté l'inclinaison. 

La vitesse du mouvement de rotation peut être modifiée, 
dans certaines limites , en élevant ou abaissant les balles 
modératrices sur leurs tiges, ainsi qu'en modifiant l'incli- 
naison des ailes fixes du volant. 

Pour qu'une machine de rotation fonctionne régulière- 
ment, il est particulièrement essentiel que l'arbre du volant 
soit parfaitement d'aplomb, et que son ajustement présente 
quelque jeu dans le sens vertical. 

Il faut de plus observer, dans l'installation de la ma- 
chine motrice d'un phare . de ne faire engrener la roue de 



Phares cl fil 
ImticuUiin 



24 



INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 



Pliant ttfai 
lenticulaire 



communication de mouvement avec la roue de l'armature 
mobile, que jusqu'au degré de profondeur que comporte 
la forme de leurs dents. 

Il est enfin très-essentiel que le support principal de 
l'appareil soit invariablement établi dans une position telle , 
que le plateau sur lequel roule le chariot circulaire de 
l'armature mobile se trouve parfaitement de niveau. 

Lorsque ce plateau vient à se déverser par l'effet de 
quelque tassement de la construction sur laquelle il repose, 
il faut, pour le l'établir de niveau, caler convenablement 
la colonne ou candélabre qui sert de support au système 
de l'appareil lenticulaire. Ce calage peut s'opérer pour les 
phares des trois premiers ordres , à l'aide de quelques coins 
en acier, chassés sous l'embase de la colonne , autant toute- 
fois qu'il existe assez de jeu dans l'ajustement du pied de 
cette colonne avec son manchon dormant. Dans le cas con- 
traire, il faudrait, pour faire disparaître la dénivellation, 
démonter et remonter l'appareil entier. 



CHAPITRE II. 



PHARES ET FANAUX CA'I'OPTIUQUES. 



S I". 



COMPOSITION DES APPAREILS A REVERBERES. 



Les appareils catoptriques encore employés sur les côtes 
de France à l'éclairage de quelques anciens, pbares, se 
composent de réflecteurs paraboliques, au foyer de chacun 



.1" SECTION. NOTIONS GENERALES. 25 

desquels est placé le bec d'une lampe à niveau constant, tuim u 
S'il s'agit d'un phare à feu fixe , les réverbères sont dis- ÎTêJÏ&ïî. 
posés circulairement sur un ou plusieurs rangs, de manière F ' B " D9 ' 
à distribuer leur lumière le moins inégalement possible, 
dans l'étendue de l'horizon maritime qu'ils doivent éclairer. 

S'il sagit d'un appareil à feu changeant, les réflecteurs m g . *>, 
sont ordinairement groupés sur les trois ou quatre faces 
d'une armature tournante. 

Bordier-Marcet a exécuté, pour quelques phares, des Rg.î». 
réflecteurs à double parabole. Us sont formés par la réu- 
nion , sur un même axe , de deux nappes paraboliques ayant 
leurs foyers distants entre eux de 55 millimètres, et sont 
éclairés par une lampe à deux becs. 

Ces réverbères, à raison de leur divergence, offrent l'a- 
vantage d'une amplitude d'éclat plus grande que celle des 
réflecteurs simples; mais, par compensation, ils donnent 
lieu à une plus grande perte de lumière. 

Le même artiste a imaginé, pour l'éclairage des entrées 1- ' B ' 3a 
de port, des réverbères appelés sidéraux, qui présentent 
deux nappes engendrées par la révolution d'une parabole 
tournant autour de l'ordonnée répondant à son foyer. 

Cette disposition produit une égale distribution de la lu- 
mière, et en rattachant tangenliellement aux deux nappes, 
deux demi-paraboloïdes engendrés par la même parabole 
tournant autour de son axe, on projeté un éclat plus vif 
dans deux directions. 

Les réflecteurs des anciens phares de France, ainsi que 
la plupart des réverbères sidéraux, ont été simplement ar- 
gentés, ce qui nécessite de fréquentes restaurations. Mais, 



26 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

aujourd'hui les appareils de ce genre s'exécutent en cuivre 
plaqué d'argent, sur une épaisseur qui les met en état de 
suffire à un très-long usage. 

S II. 

LAMPES DES APPAREILS À REVERBERES. 

Les lampes des appareils catoptriques sont toutes à ni- 
veau constant. Leurs becs sont d'ailleurs de deux espèces , 
la première à cheminée coudée, la seconde à cheminée 
droite *. 

Les becs de la première espèce sont en tout semblables 
aux becs ordinaires d'Argant, dont il a été question plus 
haut, à l'article des lampes à niveau constant servant à 
l'éclairage des petits appareils lenticulaires. 

Les becs à cheminée droite diffèrent des premiers sous 
les rapports suivants : 

i° La mèche, au Lieu d'être fixée à son bord inférieur, 
sur une bague qui s'élève ou s'abaisse à l'aide d'un petit 
cric, est libre dans une double corbeille à claire-voie, 
qu'elle déborde de 5 à 6 millimètres ; 

2° La cheminée de forme à peu près cylindrique, est 
soutenue, à 12 millimètres environ, au-dessus du bec, 
par deux anneaux élastiques fixés contre une tige verticale 
qui s'engage à son pied dans une douille soudée au bec. 

La mèche, coupée sur un patron, est introduite, à l'aide 



' Il y aurait une troisième espèce à mentionner, à raison des anciens fanaux 
du Havre, de Port-Vendrcs et de Cette, qui sont encore éclairés par des becs 
à mèche plate cl sans cheminée; mais ces réverbères, trop imparfaits, seront 
prochainement remplacés par des appareils lenticulaires. 



1™ SECTION. — ROTIONS GENERALES. 27 

d'un fuseau ou calibre en bois, dans le porte-mèche, puis 
poussée jusqu'au fond. 

Pour relever la mèche, lorsqu'il s'agit de la moucher, on 
peut se servir d'un petit poinçon. Après l'avoir mouchée, 
on la relève de nouveau et bien régulièrement, à y ou 8 
millimètres au-dessus du bord du porte-mèche, puis on la 
ramène au point convenable, a l'aide du repoussoir-régula- 
teur. Cet ustensile, disposé en coiffe cylindrique à claire- 
voie, a une profondeur telle, que lorsque son bord repose 
sur le porte-mèche , le fond affleure la couronne de la mèche 
régulièrement posée. 

Les becs à cheminée droite , dits à la Bordier-Marcet , ne 
comportent pas un aussi beau développement de flamme 
que les becs ordinaires d'Argant; mais, le service des pre- 
miers est, à quelques égards , plus simple et plus facile que 
celui des seconds. 

S III. 

MACHINES DE ROTATION DES APPAREILS À REVERBERES. 

Les machines de rotation des anciens phares catoptriques 
à éclipses , encore existants sur le littoral de France , diffè- 
rent particulièrement de celles dont il vient d'être question , 
en ce que, au lieu d'un simple volant, elles ont un pen- 
dule pour modérateur de leur mouvement. Cette dernière 
disposition comporte plus d'exactitude dans la division du 
temps; mais on obtient aisément, à l'aide des volants à 
balles, le degré de précision requis pour l'application dont il 
s'agit, et ils présentent, suivie pendule oscillant, l'avantage 
essentiel de la continuité du mouvement. 



28 



INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 



Les machines des deux anciens phares du cap Fréhel et 
des Baleines comprennent, indépendamment du pendule, 
un mécanisme additionnel avec poids moteur et volant, 
pour régulariser le jeu de l'échappement à palette. 



Il' SECTION. ORGANISATION DU SERVICE. 29 

II e SECTION. 

OBGANISATION DU SERVICE DES PHARES. 

L'organisation du service de l'éclairage des phares peut 
être considérée sous le triple rapport du matériel, du per- 
sonnel et du mode d'administration. 

Depuis le i or juillet i83g, deux modes d'organisation 
administrative sont comparativement appliqués à ce service. 

Sur les côtes de la Manche, dans l'étendue comprise 
entre la frontière de Belgique et le département des Côtes- 
du-Nord, l'éclairage se fait en régie, sauf en ce qui concerne 
les approvisionnements d'huile. 

Pour les deux autres grandes divisions du littoral , on a 
renouvelé le hail à forfait. 

On conçoit que , dans le premier système , l'action des 
ingénieurs et conducteurs est plus directe, et que leur in- 
tervention doit être plus fréquente. Nous ne poumons, 
au surplus, sans nous écarter de notre hul principal, mettre 
ici en parallèle ces deux organisations, et nous nous bor- 
nerons, en conséquence, dans cette seconde section, à 
considérer le service de l'éclairage maritime sons les deux 
rapports du matériel confié aux gardiens-allumeurs, et du 
personnel de ces agents. 

Il ne sera d'ailleurs question, dans ce qui va suivre, que 
des phares lenticulaires, attendu que l'on déduira facile- 
ment , des explications relatives à leur service , ce qui peut 
être applicable aux phares à réverbères. 



Deux syslcn 
d'orgumaali 



© École Nationale des Ponts et Chaussées 



30 



INSTRUCTION SUR I.E SERVICE DES PUARES. 



CHAPITRE I er . 



Les points principaux à considérer dans l'organisation 

du service des phares, en ce qui concerne le matériel , 

peuvent être résumés sous les cinq chefs suivants : 

i° Installation ) ', 

„ „ . > des lanternes et des appareils d éclairage; 

2° Entretien ) ir 8 

3° Assortiment et entretien des équipages et ustensiles 
nécessaires au service d'éclairage et de propreté ; 

à" Approvisionnements en huile, mèches, cheminées, 
linge, etc.; 

5° Emménagement des édifices. 
S I". 

INSTALLATION DES PHARES ET FANAUX. 

L'installation des appareils d'éclairage et de leurs lan- 
ternes, embrasse de nombreux détails qui sortent, à beau- 
coup d'égards, du cadre de cette instruction sommaire. 
Toutefois il est quelques-uns de ces détails sur lesquels on 
croit devoir appeler ici l'attention, notamment en ce qui 
touche la disposition de la partie supérieure des tours. 

Les appareils lenticulaires des trois premiers ordres ne 
peuvent être installés sur un plancher. Us doivent reposer 
sur une voûte en maçonnerie, dans laquelle est ménagée la- 
téralement une ouverture pour le passage de l'escalier tour- 
nant (ou échelle de meunier) qui conduit à la chambre de la 
lanterne. 

Lorsqu'il s'agit d'un phare de i cr ou de a" ordre, de plus 
de 20 mètres de hauteur, il est nécessaire de disposer au- 



II e SECTION. ORGANISATION DO SERVICE. 31 

dessous de la chambre de la lanterne, une chambre dite 
de service. Celle-ci renferme un ou deux lits, sur lesquels 
viennent à tour de rôle se reposer les gardiens en attendant 
leur quart. 

Les fanaux catadiop triques sont ordinairement installés 
sur le noyau de l'escalier de leur tourelle. 

Les lanternes de la plupart des phares sont scellées , à 
leur pied, sur un soubassement circulaire dont le diamètre 
dans œuvre et la hauteur doivent être en rapport avec les 
dimensions de la lanterne et de l'appareil d'éclairage. 

Le tableau suivant indique les diamètres des appareils 
lenticulaires de divers ordres, ainsi que les dimensions 
principales des lanternes et de leurs soubassements '. 



1" ordre -* 



(Grand modèle.. 
( Petit modèle. .. 



ienticul. 


ummm. 


SOODASS 
deslan 


erucs. 


Nombre 


Diamètre 


Hauteur 


Diamètre 


Hauteur 


dans 


de 


dans 


do 


dans 


dans 


œuvre. 


pans. 


œuvre. 


Vitrage 


œuvre. 


œeTte. 


l m ,84 ' 


1G 


3-.50 


3»,00 


3-.20 


2-.20 


1,40 


.12 


3,00 


2,55 


2,70 


2,10 


1,00 


10 


2,50 


1,90 


2,25 


2,00 


0,315 


S 


1,60 


1,10 


1.40 


0,00 


0,30 




8 


1,40 
1,60 


0,90 
1,10 


1,20 
1,40 


0,90 



1 Pour compléter ces notions sommaires , on a figuré sur la planche XIII 
ci-aunexée, des coupes de la partie supérieure des quatre espèces de phares 
diaprés désignées : 

Fig. 3g. Phare de t" ordre, à éclipses; 

Fig. 4o. 2 e ordre, à feu fixe; 

Fig. 4i. 3' ordre, A feu varié par dos éclats; 

Fig. 42. A* ordre (petit modèle) à feu fixe. 



32 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

Les chambres des lanternes doivent être suffisamment 
aérées, et en même temps impénétrables à la pluie. 

L'aérage est essentiel sous un double rapport. Dune 
part, il assainit l'intérieur des lanternes , et d'un autre côté 
il prévient, ou diminue, les précipitations aqueuses que pro- 
duit , sur la face intérieure des glaces , le courant d'air as- 
cendant qui règne habituellement dans les hautes tours. 

Plusieurs dispositions peuvent être adoptées pour arriver 
à ce résultat. L'une des mieux entendues paraît être celle 
qui a été appliquée à quelques phares de Hollande. Elle 
consiste à ouvrir, dans le soubassement de la lanterne, deux 
cours de trous de ventilation, l'un à 20 ou 3o centimètres 
au-dessus du sol de la chambre, l'autre dans l'assise de cou- 
ronnement. Ces derniers, d'un diamètre de 5 à 6 centi- 
mètres, débouchent intérieurement par un retour vertical 
au pied même de la lanterne , en sorte qu'indépendamment 
de l'office de ventilateurs , ils font au besoin celui d'égout- 
toirs pour l'évacuation de l'eau qui, dans les temps hu- 
mides, viendrait à couler le long des glaces. On ferme à vo- 
lonté les trous inférieurs par des opercules en cuivre, et les 
trous supérieurs par de simples tampons de bois. 

Les lanternes de quelques phares de nos côtes du midi , 
sont aérées par un simple cours de ventilateurs, de 8 à 
10 centimètres de diamètre, ouverts à ào ou- Go centi- 
mètres en contre-bas du dessus du mur de soubassement. 

Si l'on venait à reconnaître que la cheminée d'une lan- 
terne n'offre pas le débouché nécessaire à une bonne ven- 
tilation , on pourrait y suppléer par l'addition de deux ou 
trois cheminées d'aérage. 

Chacune de ces cheminées serait formée d'un bout de 



Il' SECTION. — ORGANISATION - DU SERVICE. 33 

tuyau percé de trous à son bord supérieur, et serait coiffée aan <•'• 
d'une boule creuse , également percée de trous à sa partie 
inférieure. 

Ce système paraît préférable à celui des coiffes tour- 
nantes, qui sont trop sujettes à perdre leur mobilité. 

La poussière qui se forme ou pénètre dans les chambres p«' M uiion» 
des lanternes est un des agents les plus actifs de la dété- ia formation 
rioration des appareils, tant de l'ancien que du nouveau 1» poussière, 
système. Il importe donc extrêmement de prévenir, ou du 
moins de réduire autant que possible la formation de cette 
poussière. 

A cet effet, il peut être fort utile: 

1 ° De revêtir en plomb , en dalles de fonte ou en marbre, 
le sol des chambres des lanternes; 

2° De revêtir en zinc, en stuc ou en marbre, la paroi 
du mur de soubassement , ou , tout au moins , de la couvrir 
de nombreuses couches de peinture à l'huile fréquemment 
renouvelées. 

Les enduits des cages des escaliers des phares produisent 
souvent , par leur dégradation , une poussière siliceuse que 
le courant d'air ascendant porte incessamment dans les 
chambres supérieures. Il serait à désirer que la plupart 
de ces enduits fussent refaits en ciment romain, et peints 
à l'huile. 

S II. 

ENTRETIEN DES LANTERNES ET DES APPAREILS D'ÉCLAIRAGE. 

On prévient la pénétration de l'eau des pluies , dans les 
lanternes, par les soins donnés à l'entretien des soudures, 
du masticage, de la peinture, et du vitrage. 

3 



ItiibUV. 

Entretien 
» lanternes 



34 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

tm i". L'opération du vitrage des grandes ianternes est assez 
amplement décrite dans l'Instruction sur le service des 
phares lenticulaires (art. 78), pour qu'un gardien adroit 
et intelligent puisse remplacer des glaces sans secours étran- 
ger. Toutefois, il conviendra généralement de ne confier 
ce travail qu'à un miroitier ou vitrier. Il faudra, d'ailleurs, 
veiller particulièrement: 

i° A ce que , dans la pose des glaces , on les tienne com- 
plètement isolées de leurs encadrements au moyen de petits 
morceaux de plomb , pour qu'elles ne soient pas exposées 
à éclater dans les tempêtes par l'effet des oscillations de la 
lanterne ; 

2 A ce que l'on ne donne pas moins de 2 à 3 milli- 
mètres de largeur aux joints horizontaux des glaces super- 
posées, afin qu'ils puissent être bien garnis de mastic. 

Tous les fers apparents des lanternes doivent être soi- 
gneusement revêtus d'abondantes couches de peinture à 
l'huile. La couleur blanche , ou gris-blanc , paraît devoir être 
préférée, du moins à l'intérieur, en ce qu'elle oblige les 
gardiens à une plus grande propreté. 

Entretien Les instructions à l'usage des gardiens , doivent être con- 

d'éciairage. sultées , en ce qui concerne les détails relatifs à l'entretien 
des appareils d'éclairage. Nous signalerons seidement ici les 
points sur lesquels doit particulièrement porter l'investiga- 
tion dans la visite d'un phare. 

On ne saurait trop le répéter : Une extrême propreté 
dans la tenue de toutes les parties des appareils d'éclairage 
est la première condition pour qu'ils fonctionnent réguliè- 
menl , et qu'ils se conservent longtemps. 



Il' SECTION. — ORGANISATION DO SERVICE. 35 

Pour les pièces optiques des divers appareils , l'esprit de 
vin, le rouge d'Angleterre, les linges doux et la peau de 
chamois, suffisent aux nettoiements ordinaires. 

On ne doit jamais laver ni frotter les verres des panneaux 
lenticulaires, non plus crue les réflecteurs métalliques, sans 
les avoir préalablement époussetés avec soin. Faute de cette 
précaution, on s'exposerait à les rayer. 

L'esprit de vin s'applique spécialement au nettoiement 
des lentilles et des glaces. Après avoir lavé au moyen d'un 
petit linge trempé dans ce liquide la surface à nettoyer, 
on l'essuie d'abord avec un linge doux et sec, puis on la 
frotte avec une peau de chamois saupoudrée, ou non, de 
rouge d'Angleterre, mais exempte de toute poussière de 
nature â altérer le poli du verre: Cette peau doit être éga- 
lement exempte de toute tache grasse. 

Le rouge en pain 1 , de l'espèce convenable pour polir le 
verre , ne peut être appliqué à cet usage , et encore moins 
à l'entretien des réflecteurs argentés , sans avoir subi une 
préparation que les gardiens négligent trop souvent, ou 
exécutent mal. Elle est expliquée en détail dans l'Instruction 
sur le service des phares lenticulaires ( art. 71), et consiste à 
extraire les parties les plus ténues du rouge à polir, en le dé- 
layant dans l'eau et décantant au bout de quelques moments, 
ainsi que l'on fait pour la préparation du bleu de cobalt. 

Le rouge liquide obtenu ainsi à l'état de finesse conve- 

1 Tritoxyde de fer, ou oxyde ferrique, vulgairement appelé rouge d'Angle- 
terre. Il s'obtient par la calcination du proto-sulfate de fer du commerce. Cet 
oxyde, selon le mode de préparation et le degré de ténuité, affecte des cou- 
leurs très-variées, depuis le rouge-brun foncé, jusqu'au rouge-orangé. Le fer 
oligistc, qui ofTrc la première teinte, a trop de mordant pour convenir à l'em- 
ploi dont il s'agit. 

3. 



CIUI'ITIIE I" 

Uttiral, 



36 INSTRUCTION SDR LE SERVICE DES PHARES. 

nable , est appliqué en peinture légère sur la surface à net- 
toyer et polir. Dès qu'il est sec, on frotte cette surface 
avec la peau de chamois, ainsi qu'il vient d'être dit. 

L'application du rouge d'Angleterre sur les pièces en verre 
des appareils lenticulaires ne doit pas être renouvelée plus 
de trois ou quatre fois par an , à moins que l'altération de 
leur poli n'exige, durant quelque temps, des frottages plus 
fréquents. 

Le lavage à l'esprit de vin et le frottage à la peau de cha- 
mois suffisent pour l'entretien ordinaire des lentilles et 
des miroirs étamés. 

Quant aux réflecteurs métalliques, ils doivent être passés 
au rouge aussi souvent que peut l'exiger l'entretien de leur 
poli. Il est, d'ailleurs , nécessaire de les frotter journellement 
avec la peau de chamois ', après les avoir époussetés et 
en avoir enlevé toutes les taches grasses. 



Entretien 
ri conservation 
des lampes 



L'entretien des lampes mécaniques réclame l'attention 
la plus soutenue. Pour qu'elles se maintiennent en bon élat 
de service, il faut, 

i° Qu'elles soient nettoyées avec soin dans toutes leurs 
parties , et notamment dans leur corps de pompes , lors- 
qu'elles sont retirées de l'appareil ; 

2° Qu'elles soient changées tous les quinze jours, pour 



1 Celte peau doit être douce et très-souple. Conservée avec soin à l'abri de 
l'humidité et de la poussière, elle peut servir plusieurs années. Plus elle est 
imprégnée de rouge à polir, et plus elle agit efficacement. Elle peut être lavée 
à l'eau pure, sans perdre sa souplesse; toutefois il ne faut recourir au lavage, 
pourlapeau de chamois, que dans le cas où elle se trouverait salie par quelque 
substance terreuse. 



Il* SECTION. — ORGANISATION DU SERVICE. 37 

que chacun des trois équipages de celte espèce , composant 
l'assortiment ordinaire d'un phare, ne reste pas plus d'un 
mois sans fonctionner. (Art. A 2 de l'Instruction de i835.) 

L'entretien ordinaire du mécanisme des diverses espèces 
de lampes employées à l'éclairage des phares se réduit aux 
opérations suivantes : 

On essuie d'abord avec un linge doux, et on nettoie' avec 
une petite brosse à manche , toutes les pièces salies de vieille 
huile, en employant, pour l'enlever plus aisément, un peu 
d'huile fraîche d'olive ou d'huile d'horloger. 

On applique ensuite, avec une petite spatule en bois, de 
l'huile d'horloger aux collets des pivots (ainsi qu'aux rou- 
leaux, dans les mécanismes à échappement), puis l'on fait 
tourner ces pièces pour aider à la pénétration de l'huile 
dans les douilles. Au bout de peu d'instants , douilles et 
pivots se trouvent complètement lavés, et l'on n'a plus qu'à 
essuyer de nouveau, pour enlever l'huile surabondante. 

Il ne faut pas négliger de comprendre dans ces applications 
d'huile d'horloger, l'axe de la poulie de mouflage du poids 
moteur. 

D'après l'article àj de l'Instruction de i835, les lampes 
mécaniques des phares devraient être démontées pour être 
nettoyées à fond tous les six mois; mais cette prescription 
demande quelques réserves. On conçoit en effet qu'une 
telle opération, fréquemment répétée, peut devenir une 
cause active de détérioration , dans des mains inhabiles et 
mal outillées. Il est donc essentiel que ces démontages ne 
se multiplient pas sans nécessité. Lorsqu'il faut y recourir, on 
doit laisser sur place, ou assemblées, toutes les pièces qui 
peuvent être atteintes par le neitoiement sans être isolées. 






■■■■ 



38 



INSTRUCTION SUR I.E SERVICE DES PHARES. 



UIAPITHE I« 

Matériel. 



S'il s'agit d'un mouvement d'horlogerie, on pourra le 
retirer de sa cage tout monté , et le nettoyer, comme il 
vient d'être dit , sans désassembler ses rouages. 

Lorsqu'il y a lieu de nettoyer à fond les pièces du méca- 
nisme d'une lampe à échappement à chevilles, on peut 
borner le démontage à l'enlèvement du treuil, enlèvement 
qui s'opère en démontant préalablement le coq , ou support , 
qui est au-devant du remontoir. 

Il est encore à observer sur ce point important , que les 
démontages dont il s'agit, deviendront d'autant plus rare- 
ment nécessaires', que l'on se conformera avec plus d'exac- 
titude à la prescription relative au changement périodique 
des lampes de service. 

L'emploi du tri-poli, pour le nettoiement des mécanismes, 
peut avoir de fâcheuses conséquences , car il suffit de quel- 
ques parcelles de cette substance restées dans les douilles , 
pour déterminer le "rodage des pivots. Il convient donc de 
se borner aux nettoiements à l'huile d'horloger seide, en 
considérant comme non avenu le premier paragraphe de 
l'article 48 de l'Instruction de 1 835. 

Les premières instructions manuscrites prescrivaient 
d'avoir une lampe en réserve constamment garnie d'huile 
et de mèches , et de la faire fonctionner pendant une ou 
deux heures chaque joui', afin qu'elle fût toujours prête à 
remplacer la lampe dé service. Mais l'expérience a fait re- 
connaître que ces appareils ainsi tenus pleins d'une huile 
qui n'est pas journellement renouvelée, s'empoissent rapi- 
dement et peuvent se trouver hors d'état de fonctionner 
au moment du besoin. 

Il est à remarquer, en ce qui concerne les nouvelles 



11* SECTION. — ORGANISATION DU SERVICE. 



39 



lampes à cames ou à échappement, qu'il faut éviter de les 
faire fonctionner à sec, avec leur poids moteur, de peur de 
les endommager. 

S III. 

ÉQUIPAGES, USTENSILES ET OBJETS DIVERS. 

Les équipages, ustensiles et objets divers nécessaires, 
tant au service d'éclairage qu'à celui de propreté, se com- 
posent généralement de jarres, filtres, égouttoirs, bidons , 
burettes, boîtes de service, lampes d'allumeur, assortiment 
d'outils, etc. 

Malgré leur fragilité , les jarres en terre vernissée ont 
été généralement adoptées dans les phares de France , pour 
la conservation des huiles de colza. L'usage des foudres en 
plomb a dû être abandonné, comme déterminant une 
prompte détérioration de ces huiles. 

Ordinairement les jarres reposent sur l'aire de la cave ou 
cellier , et l'on se sert d'une petite pompe pour transvaser 
l'huile qu'elles contiennent; mais il est plus commode de 
les placer sur un socle de 5o à 60 centimètres de hauteur, 
et de soutirer le liquide au moyen d'un robinet. 

Les filtres à huile qui, dans les phares et fanaux, sont 
d'un usage journalier, doivent être entretenus avec le plus 
grand soin. Cet entretien, indépendamment du nettoie- 
ment de toutes les pièces en fer-blanc, consiste essentielle- 
ment à savonner de temps en temps le fond de drap qui 
repose sur la passoire , et à retirer le sable encrassé pour le 
remplacer par du sable neuf, qu'il faut préalablement bien 
laver a l'eau douce , puis faire sécher. 



Entretien 

i conservation 
les ustensile» 
01 outils. 



40 



INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 



IIIPITRE 

Matlml 



Approvision 
monts 



Les autres ustensiles ne paraissent réclamer aucune men- 
tion particulière. 

La collection d'outils, qui doit être d'autant plus com- 
plète que le phare est plus important et plus isolé, ren- 
ferme ordinairement un assez grand nombre de pièces en 
fer ou acier, qui ne sont pas d'un usage habituel. Elles 
demandent, par cela même , des soins particuliers pour leur 
conservation, et il est essentiel de les préserver de l'oxy- 
dation, en les tenant habituellement enduites de saindoux, 
ou autre graisse non salée. 

S IV. 

APPROVISIONNEMENTS EN HUILE, MECHES, CHEMINEES, LINGE, ETC. 

L'huile de colza de première qualité, parfaitement cla- 
rifiée et dépurée, doit être exclusivement employée à l'é- 
clairage des phares et fanaux des côtes de France l . 

L'huile limpide, d'une couleur jaune verdâtre, ayant un 
goût et une odeur de chou assez prononcés, sans retour 
nauséabond, peut être présumée de bonne qualité pour 
l'éclairage. 

L'huile roussâtre, exhalant une odeur fétide, contient le 
plus souvent une certaine proportion d'huile de poisson 
ou de baleine. Par l'effet de ce mélange frauduleux, les 
mèches charbonnent et le mouchage devient nécessaire au 
bout de quelques heures. 

L'épreuve décisive pour la vérification de l'huile de 



1 Article 3 , du cahier des charges de l'entreprise générale de l'éclairage des 
côtes de l'Océan et de la Méditerranée, et article 2 des clauses et conditions 
relstives à la fourniture de t'huile pour l'éclairage des côtes de la Manche. 



Il' SECTION. ORGANISATION DO SERVICE. 



41 



colza, est l'essai dans une lampe ordinaire ou mécanique, 
que l'on fait brûler quinze à seize heures de suite. Si, du- 
rant une aussi longue combustion , la flamme se soutient à 
hauteur convenable , sans que la mèche charbonne , l'huile 
peut être déclarée recevable 1 . 

Dans les phares desservis par entreprise à forfait, les 
huiles en approvisionnement ne sont jamais considérées 
comme définitivement reçues , en sorte que les ingénieurs 
conservent toujours la faculté d'exiger l'enlèvement et le 
remplacement de celles dont ils auraient constaté la mau- 
vaise qualité. 

Dans les phares de la première division du littoral , cette 



CHAPITRE T 



1 L'aréomètre fournit un moyen de vérification qui, selon toute apparence, 
sera bientôt généralement adopté par les dépurateurs et débitants d'huile de 
colza. Ce moyen paraît d'autant meilleur, que cette buile est plus légère que 
toutes celles que l'on pourrait avoir intérêt à y mêler, et dont la mixtion ne se 
révélerait pas au premier aspect. Voici, d'après Bcrzélius, les pesanteurs spé- 
cifiques de plusieurs huiles végétales et animales. On y a ajouté l'indication 
des degrés correspondants de l'alcoomètre centigrade. 



Suir ' 


sp 


cifioues. 


do 
l'alcoo- 
mètre. 


Moutarde blanche . 


spécifiera es. 


DEGRÉS 

de 
l'alcoo- 
mètre. 


Camelinc . . 


spécifiques. 


de 
l'alcoo- 
mètre. 







90. 03 


66 


0. 91. 42 


CO 


0. 92. 52 


54~3/4 




Navette.,.. 





91.28 


60 3/5 


Olive 


0. 91. 76 


58 2/5 


Clienevis. . . 


0. 92. 76 


53 2/3 




Col* 





91. 36 


60 1/5 


Baleine 


0. 92. 31 


55 4/5 


Lin 


0. 93. 47 


50 












Œillette (pavot). 


0. 92. 43 


55 1/4 


Ricin 


0. 96. 11 


33 3/4 





. Pour rendre les observations plus sûrement comparables, on peut les rap- 
porter à la température de l'eau bouillante, au moyen du bain-marie. C'est 
d'après ce principe qu'est disposé l'olcomilrc , appareil dont l'usage s'est depuis 
quelque temps répandu parmi les dépurateurs d'huile de Paris et de Lille. 



I 



'■il INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

faculté est périmée au bout d'un mois, à dater du jour de 
la livraison de l'huile dans le magasin du phare. (Art. 9 du 
cahier des charges de 1 83g ). 

Les huiles de colza se détériorent après un laps de 
temps, qui est d'autant moins long qu'elles sont plus ex- 
posées à de fréquents changements de température. Il y a 
donc inconvénient à porter au delà d'une certaine limite la 
quotité de ce genre d'approvisionnement. 

Cette limite paraît pouvoir être fixée à la consommation 
d'une demi-année. 



Mèches 
Je coton. 



Les mèches de coton doivent être d'un calibre exacte- 
ment assorti à celui des becs de lampe, et d'un tissu égal, 
ni trop mince, ni trop épais. 

Il faut observer de les tenir bien enveloppées de papier, 
et dans des boîtes, à l'abri de la poussière et de l'humidité. 

Les approvisionnements en mèches ne doivent guère ex- 
céder les besoins d'une année, c'est-à-dire 10 à 12 mètres 
de chaque espèce par bec. 



Le choix des cheminées de cristal , est d'une importance 
majeure pour le développement régulier et la bonne tenue 
de la flamme d'une lampe. Elles doivent présenter, aussi 
exactement que possible , les dimensions et les formes recon- 
nues les plus convenables, notamment quant à leur dia- 
mètre et quant à la courbure du coude ou étranglement. 

Avec celles dont le coude présente un retour d'équerre, 
on obtient ordinairement une flamme blanche et calme, mais 
qu'il n'est pas toujours possible de porter au développement 
prescrit. 



Il" SECTION. ORGANISATION DU SERVICE. k3 

La forme allongée du coude est plus favorable sous ce cunnu 
dernier rapport ; mais il en résulte généralement une flamme 
plus agitée et un peu moins blanche. 

Les dernières expériences tendent à faire donner la pré- 
férence aux coudes allongés. 

Il est essentiel que les cheminées de cristal soient bien 
recuites, et il est à observer, à ce sujet, que les plus minces 
sont, toutes choses égales d'ailleurs, les moins sujettes à 
casser par l'effet des changements de température. 

Le nombre des cheminées en approvisionnement ne 
doit pas être inférieur à soixante pour un phare à lampe 
mécanique, et à quarante pour un fanal à bec d'Argant. 

Conformément à l'article 1 1 du nouveau cahier des A PP rov; 5 io 
charges de l'entreprise de l'éclairage des côtes de France, <iiv««. 
chaque phare doit toujours être approvisionné, pour une 
année au moins, en ciseaux courbes, grattoirs, peaux de 
chamois, rouge à polir, peaux de mouton, huile d'horlo- 
ger pour les mouvements des lampes mécaniques \ esprit 
devin, essence de térébenthine, huile de lin, huile cuite, 
céruse, blanc d'Espagne, brosses à manche (dites de bou- 



1 Trois espèces d'huiles sont répandues dans le commerce, sous le nom 
d'huiles iïliorloyer ; savoir: l'huile de pied de bœuf, l'huile de pied de mouton, 
et l'huile d'olive dépurée. 

Les deux premières ont sur la troisième l'avantage de ne se figer qu'à une 
température très-hasse. 

L'huile de pied de bœuf est jaunâtre et inodore à l'état de pureté. Il paraît 
d'ailleurs qu'on la falsifie plus communément que l'huile de pied de mouton, 
qui est de couleur blanche. 

Quant à l'huile de colza, elle ne doit jamais être employée à graisser des 
rouages, eu égard à sa propriété de s'épaissir promptement à l'air. 



44 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

«apitke i". langer), brosses d'horloger, brosses dites queues de rat, 
pour nettoyer les becs de lampe, balais de crin, balais or- 
dinaires et éponges. 

Cette énumération peut dispenser de plus amples détails. 
On fera seulement remarquer qu'elle comprend les subs- 
tances nécessaires à la fabrication du mastic de vitrier, que 
les gardiens doivent savoir préparer et employer pour l'en- 
tretien ordinaire des lanternes. 

Li°8«- Le linge annuellement fourni pour les phares et fanaux 

se compose de serviettes et de torchons de qualité déter- 
minée. Cet article d'approvisionnement ne figurait pas dans 
les anciens baux. L'entrepreneur n'était tenu qu'à la four- 
niture de la quantité de chiffons nécessaire au service de 
propreté; mais ce genre d'abonnement était sujet à des abus 
qui ont dû le faire écarter. 

Le cahier des charges et le détail estimatif, qui ont servi 
de base au renouvellement du bail pour l'éclairage des 
côtes de l'Océan et de la Méditerranée, règlent, ainsi qu'il 
suit, le nombre de serviettes et de torchons à fournir an- 
nuellement pour chaque phare, ainsi que pour chaque fanal 
de quatrième ordre pourvu d'un logement de gardien et 
d'un magasin : 



Ordre 

I A iampe hydrostatique. 
( A lampe d'Argant 



Chacune de ces pièces doit porter l'indication de l'année 



SEIXVIETTES. 


TORCHONS. 


6 


1 2 


5 


ÎO 


t\ 


8 


2 


k 


1 


2 



m 



Il" SECTION. — ORGANISATION DU SERVICE. 45 

de la livraison , et un numéro d'ordre ( art. 1 o du cahier des 
charges), afin de faciliter les recensements. 

S V. 

EMMENAGEMENT DES ÉDIFICES. 

• L'emménagement des édifices affectés aux phares et fa- 
naux a une influence très-directe et très-marquée sur le 
service de l'éclairage. Ce service exige, en effet, comme 
première condition , l'ordre et la propreté ; or, on ne peut 
les obtenir si, dès l'entrée du phare, l'installation des loge- 
ments et des magasins n'impose aux gardiens une tenue et 
des habitudes malheureusement trop rares parmi la classe 



Il est nécessaire que les logements des phares et fanaux Mobilier 
de quelque importance soient garnis des pièces principales des gardien 
du mobilier indispensable, afin que le remplacement d'un 
gardien ne soit pas entravé par les embarras d'emménage- 
ment. Il convient, de plus, que ce mobilier, sans être 
élégant, soit bien confectionné, et jusqu'à un certain point 
en harmonie avec l'importance de l'établissement. 

Des armoires-placards, en nombre suffisant, doivent être 
établies, les unes pour l'usage personnel des gardiens, les 
autres pour être exclusivement affectées à la conservation 
et au classement méthodique des approvisionnements en 
linge, mèches de coton, peaux de chamois, rouge à po- 
lir, etc. , ainsi que des menus ustensiles , outils , pièces de 
rechange et objets divers, qu'il est nécessaire de renfermer 
à l'abri de la poussière et de l'humidité. 

Des casiers doivent être disposés pour recevoir et tenir 



46 



INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 



toujours en évidence les panneaux lenticulaires et glaces 
de rechange, ainsi que les cheminées de cristal. 

Lorsque ces divers objets, au lieu d'être ainsi méthodi- 
quement rangés , restent entassés dans des caisses , on est 
journellement exposé à chercher longuement celui dont on 
a besoin, et souvent aussi à le trouver détérioré et hors 
de service. 



CHAPITRE II. 

PERSONNEL. 



L'éclairage des phares et fanaux est confié à des gardïens- 
allumears. 

Le nombre de ces agents est ordinairement fixé ainsi 
qu'il suit : 

1 " ordre 3 gardiens. 

2° 2 

3 e 2 

û° i 

S'il s'agit d'un phare isolé en mer , le nombre des gar- 
diens est porté à quatre pour le premier ordre, et à trois 
pour chacun des trois autres. 



Le service des phares des trois premiers ordres ne peut 
être convenablement assuré qu'autant que le feu est sur- 
veillé, pendant toute la durée des nuits, par un gardien 
de quart 1 . 

1 Cette prescription n'est point particulière aux phares dioptriques éclairés 
par des lampes mécaniques. En Angleterre, où la majeure partie des phares 



Il" SECTION. — ORGANISATION DU SERVICE, kl 

Lorsqu'il, n'y a que deux gardiens, l'un veille depuis la tumu 
chute du jour jusqu'à minuit, et l'autre depuis minuit jus- 
qu'au j our naissant. La nuit suivante , ils changent de quart, 
afin que la fatigue soit également partagée. 

Dans les phares pourvus de trois gardiens , le service de 
chaque nuit peut être également divisé entre eux, ou hien 
l'un des trois peut prendre un repos complet , sauf à faire 
son quart la nuit suivante. 

De ces deux combinaisons, la première paraît devoir être 
préférée, attendu que la faction depuis la chute du jour jus- 
qu'à dix ou onze heures du son est très-peu fatigante, et 
qu'il importe d'abréger le service plus pénible du reste de 
la nuit. 

Dès le point du jour, et immédiatement après l'extinc- semv 
tion du feu, les gardiens doivent s'occuper de tout préparer « du 30 
pour l'éclairage de la nuit suivante , et pourvoir au service 
de propreté , de telle sorte que les diverses opérations pres- 
crites pour le service da matin, par les instructions spéciales, 
( et notamment le renouvellement ou le mouchage des 
mèches ), soient complètement terminées deux heures après 
le lever du soleil. 

Il est très-essentiel de tenir la main à l'exécution de cette 
règle trop souvent négligée. 

Durant le jour, le gardien de semaine doit être constam- 
ment de garde au phare, et tous les gardiens doivent être 



sont encore éclaires par des réverbères à lampe ordinaire d'Argent, la conti- 
nuité de surveillance pendant la nuit est rigoureusement exigée pour tous 
ces établissements. 



Eèglf 



48 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

h. rendus à leur poste deux heures, au plus tard, avant le 
coucher du soleil. 

">•'■ Le service du soir ( pour les détails duquel il faut recourir 
aux instructions spéciales ) exige le concours de deux gar- 
diens au moins, dans les phares des trois premiers ordres; 
et , s'il s'agit d'un phare de premier ordre , les trois gardiens 
doivent procéder de concert à ce service. 

L'allumage de tout phare à lampe mécanique doit être 
commencé un quart d'heure avant le coucher du soleil, 
afin que le feu puisse être en plein effet à la chute du jour. 

Chaque gardien, pendant la durée de son quart, doit 
tenir note exacte , 

1° Des perturbations que la lampe de service (ainsi que 
la machine de rotation, s'il s'agit d'un phare tournant) aura 
pu éprouver dans sa marche; 

2° De l'état de l'atmosphère et de la direction du vent; 

3° Des apparences des feux qui se trouvent en vue. 

Ces notes sont transcrites sur un registre disposé à cet 
effet. 

« Deux autres registres doivent être tenus , tant pour l'in- 

*'«• ventaire du mobilier, que pour la situation et les mouve- 
ments du magasin des huiles et autres approvisionnements. 
De ce dernier registre sont extraits les états mensuels de 
situation, qui sont adressés aux ingénieurs ou aux entre- 
preneurs de l'éclairage, selon que le phare est desservi eh 
régie, ou par entreprise à forfait. 

Un règlement spécial doit déterminer les obligations des 



Il' SECTION. — ORGANISATION DO SERVICE. 49 

gardiens, relativement aux nettoiements journaliers et pé- cbihtm 



««i. 



riodiques, tant de l'appareil d'éclairage, que des diverses 
parties de l'édifice du phare. Ces agents sont tenus, entre 
autres prescriptions, d'huiler les gonds, serrures et loquets 
des diverses fermetures, aussi souvent qu'il peut être né- 
cessaire, et d'entretenir le masticage des encadrements de 
la lanterne. 

Dans les phares desservis par plusieurs gardiens , l'un ci.dVga.-jie 
d'eux reçoit une haute paie avec le titre de chef. Il est par- 
ticulièrement responsable de la conservation du mobilier 
et des approvisionnements , ainsi que de l'exécution des 
règlements de service, et est, de plus, chargé de la tenue 
des registres et de la correspondance. 

Le chef doit , d'ailleurs , concourir, avec les autres gar- 
diens, au service d'éclairage et de propreté, sans qu'il y ait 
entre eux aucune distinction ni attribution spéciale à cet 
égard. 

Pour être admis aux fonctions de gardien de phare ou choix 
fanal , il faut être valide , savoir lire et écrire , avoir satisfait 'ià^un 
aux lois sur la conscription , et n'être pas âgé de plus de 
quarante-cinq ans. 

Les gardiens des phares et fanaux de l'Océan et de la 
Méditerranée, sont choisis par l'adjudicataire de l'éclairage, 
ou ses délégués, sous la sanction de l'ingénieur en chef. 

Dans l'organisation nouvelle appliquée au service d'é- 
clairage des côtes de la Manche, ces agents sont nommés 
par le Préfet , sur la proposition des ingénieurs. 

4 



m 



50 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

Sous l'un comme sous l'autre régime , le salaire fixé par 
l'Administration doit être intégralement payé à chaque gar- 
des gardiens. (jj en ( sau f ] es retenues qui seraient encourues pour fautes 
commises dans le service. 



damne i 

Ptrtonntl. 



Inslmctii 
des gnrdîc 



L'instruction des gardiens novices réclame une attention 
particulière , et est ordinairement confiée à l'un des con- 
ducteurs attachés au service central des phares. 



Aucun congé ne doit être accordé à un. gardien de phare, 
que pour des motifs graves, et n'est valahle que moyennant 
le visa de l'ingénieur de l'arrondissement. H doit, d'ailleurs, 
être entendu que , si le nombre des gardiens est inférieur 
à trois, aucun d'eux ne pourra s'absenter avant d'être 
remplacé. 



Famille: 
des gardiei 



Les phares isolés en mer ne doivent être habités que par 
les gardiens ; mais les familles de ces agents peuvent être 
admises dans les phares non isolés, où il existe des loge- 
ments suffisamment spacieux et sans communication immé- 
diate avec la tour. 

Cette dernière réserve ne s'applique qu'aux phares pro- 
prement dits , et non aux fanaux secondaires desservis par 
un seul gardien. 



III* SECTION. — DIRECTION ET SURVEILLANCE DU SERVICE. 51 



nr SECTION. 

DIRECTION ET INSPECTION DO SERVICE DES PHARES 
ET FANAUX. 

Les explications données dans les deux sections précé- 
dentes , tant sur les principaux systèmes d'appareils appli- 
qués à l'éclairage des côtes de France , crue sur l'organisation 
du service des phares et fanaux , embrassent ce qu'il y a de 
plus essentiel à connaître pour la direction et la surveil- 
lance de ces établissements. Cette troisième et dernière sec- 
tionne sera donc, à beaucoup d'égards, comme on l'a dit au 
préambule, que le résumé et le corollaire des deux autres. 
Elle offrira , toutefois , quelques développements nouveaux 
sur les points à l'égard desquels il a paru nécessaire d'in- 
sister. 

Conformément à l'ordre observé dans la première sec- 
tion, nous nous occuperons d'abord des phares et fanaux 
lenticulaires, en réservant pour un dernier chapitre les 
observations spécialement relatives au service des appareils 
catoptriques. 

CHAPITRE F. 

PHARES LENTICULAIRES DES TROIS PREMIERS ORDRES. 

Il arrive, assez ordinairement, qu'en visitant un phare on 
examine l'établissement dans son ensemble avant, d'entrer 
dans les détails relatifs à l'appareil d'éclairage , ainsi qu'aux 

h- 



52 INSTRUCTION SDR LE SERVICE DES PHARES. 

ustensiles et approvisionnements nécessaires à son service. 
Mais les moyens d'éclairage et l'emploi qui en est fait, étant 
l'objet capital à considérer, doivent avoir ici la priorité. 

S I". 

APPAREILS D'ÉCLAIRAGE ET LANTERNES. 

Dans l'inspection dont il s'agit, l'appareil lenticulaire 
doit être, avant tout, examiné sous les rapports suivants: 

i° La position du bec de la lampe de service; 

a L'état de cette lampe ; 

3° L'élat des pièces optiques; 

4" L'état du mécanisme de rotation , s'il s'agit d'un ap- 
pareil tournant. 

Pour reconnaître si la lampe de l'appareil est bien cen- 
„. trée , on fait tendre les deux fils diamétraux du tambour 
lenticulaire et ajuster sur le bec la jauge en bois disposée 
à cet effet. 

On vérifie ensuite, avec un petit niveau à bulle d'air, 
l'horizontalité de la couronne du bec. 

Après cette double vérification , on examine si les pièces 
du mécanisme de la lampe sont exemptes de poussière , si 
les pivots ne sont pas empoissés de vieille huile, et si enfin 
ce mécanisme fonctionne avec régularité, sous l'action d'un 
poids qui n'excède pas la limite ordinaire. 

S'il s'agit d'un mouvement d'horlogerie, on doit une at- 
tention particulière au volant, dont les ailes, dans la situa- 
tion normale , sont inclinées à k 5 degrés. 

Si les bielles des pompes se rattachent à un système 
horizontal de petites roues dentées , on a à vérifier les po- 



ïll* SECTION. DIRECTION ET SURVEILLANCE DU SERVICE. 53 

sitions relatives de ces roues. Elles doivent engrener entre oun™ 
elles de telle manière, que , lorsque deux des bielles sont ar- UndcX 
rivées aux limites opposées de la course totale, cette course 
se trouve régulièrement divisée par les positions respectives 
des autres bielles. Dans le cas d'inégale division , l'ascension 
de l'huile serait irrégulière , et il faudrait remédier à cet 
inconvénient en faisant reprendre aux petites roues dont 
il s'agit les positions relatives marquées par des repères. 

Il y a , de plus, à examiner, pour toutes les lampes ali- 
mentées par des pompes à poches, si les valvules ne sont 
ni trop tendues ni trop amples, et si elles ne laissent pas 
pénétrer l'air en quelque point. 

En pareils cas, le remède est fort simple, puisqu'il ne 
s'agit que d'un renouvellement de poches en cuir, opération 
familière aux gardiens des phares lenticulaires. Ce renou- 
vellement sera, d'ailleurs, facilité, à l'avenir, par l'emploi 
démoules en fonte, à l'aide desquels on pourra, sans tâton 1 
nements, emboutir et tailler les valvules des pompes. 

Dans l'inspection des lampes à échappement à chevilles 
(système Henry-Lepaate), le jeu de l'échappement doit fixer 
particulièrement l'attention. Si quelque inégalité se mani- 
festait par des chocs ou des arrêts, il faudrait en rechercher 
la cause, qui pourrait être l'une des suivantes : 

1° Le mauvais ajustement ou la détérioration des val- 
vules; 

2° L'obstruction du trou régulateur ; 
3° Son élargissement par l'effet de nettoiements mala- 
droitement exécutés ; 

h" Quelque relâchement dans les vis d'attache des becs 



CUll'ITHE 1" 
Plant 

UrMculuircs 



54 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

d'échappement, ou dans les vis servant d'axes aux rouleaux 
de la roue de champ. 

Nous venons d'indiquer le remède pour le premier cas. 

L' obstruction du trou régulateur cède ordinairement à 
un médiocre effort exercé instantanément, à l'aide de la 
manivelle de remontoir, dans le sens de l'action du poids 
moteur. 

L'élargissement de ce même orifice nécessite le renouvel- 
lement du diaphragme dans lequel il est percé. Pour écarter 
cette chance de perturbation on exécute aujourd'hui le 
diaphragme en acier. 

Dans l'inspection du mécanisme de la lampe à cames 
(système J. Wagner neveu), il y a d'abord à examiner : 

Si la position relative des cames est telle, qu'il n'y ait ni 
chocs, ni temps perdu; 

Et si les tiges des deux pistons jouent librement dans 
leurs boîtes à cuir. 

B faut voir ensuite, pour toute espèce de lampes, 

Si toutes les parties du bec sont bien nettoyées , et no- 
tamment si les espaces réservés aux courants d'air ne sont 
obstrués par aucune ordure qui ferait fumer et charbonner 
les mèches ; 

Si ces mèches sont régulièrement mouchées; 

Si la robe mobile qui porte la cheminée de cristal tourne 
librement, de manière à ce qu'on puisse aisément l'élever 
et l'abaisser, pour augmenter ou restreindre à volonté le 
développement des flammes ; 

Enfin si la clef de l'obturateur en tôle peut se placer 
facilement dans toutes les inclinaisons. 

Pour compléter ce premier examen, il sera bon (s'il a 



III e SECTION. DIRECTION ET SURVEILLANCE DO SERVICE. 55 

Lieu de jour) de faire marcher la lampe non allumée et de 
recueillir dans un vase le produit des pompes , pour le me- 
surer ou le peser. Ce produit, dans l'état normal , doit éga- 
ler, ainsi qu'on l'a vu plus haut, quatre fois la consom- 
mation par heure , c'est-à-dire : 

Pour le premier ordre. ... 3 kil. ou 3 litres 3o ; 

Pour le second 2 ou 2 20 ; 

Pour le troisième 0,760 ou o 8li- 

Il existe, dans la plupart des phares éclairés par des lampes 
mécaniques , des mesures en fer-blanc destinées à ces vé- 
rifications. 

Les gardiens-allumeurs sont généralement disposés à por- 
ter au maximum le produit des pompes à huile des lampes 
mécaniques, et, à cet égard , les moyens de rectification diffè- 
rent selon qu'il s'agit de lampes à mouvement d'horlogerie 
ayant pour régulateur un volant, ou de lampes du nouveau 
système , dans lesquelles l'écoulement a Heu par un petit 
orifice. 

Pour accélérer le jeu des mécanismes à volant, les gar- 
diens disposent souvent les ailes de ce modérateur de ma- 
nière à réduire au minimum la résistance de l'air, et ils 
s'applaudissent de pouvoir, en même temps , alléger le poids 
moteur. 

Dans cet état de choses , la couronne du bec , rafraîchie 
par un courant trop abondant, ne peut plus distiller la 
quantité d'huile nécessaire au développement normal des 
flammes, à moins qu'on ne relève les mèches au-dessus de 
la limite de 7 millimètres. Mais ce palliatif ne saurait être 
admis, car il aurait pour effet de relever le centre lumi- 



56 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

peux au-dessus du plan focal du système lenticulaire, et, par 
conséquent, de rendre les rayons trop plongeants, ce qui 
réduirait la portée du phare. 

En pareil cas il faut, autant que possible , ramener le jeu 
de la lampe à l'état normal, en redressant les ailes du vo- 
lant, sauf à augmenter le poids moteur jusqu'aux limites 
que comporte le mécanisme. 

S'il s'agit d'une lampe à échappement et à petit orifice , 
dont le débit d'huile ne peut être modifié que par la 
charge plus ou moins forte du poids-moteur, il y a à exa- 
miner si ce poids n'est pas exagéré , ou si , au contraire , son 
insuffisance ne donne pas lieu à des temps d'arrêt et à des 
oscillations trop marquées de la flamme. 

Si l'on se trouve dans l'impossibilité d'assister au service 
de nuit, on fera allumer de jour la lampe de l'appareil , afin 
de s'assurer qu'elle fonctionne régulièrement et que les gar- 
diens savent porter et maintenir les flammes à la hauteur 
prescrite ■ 1 . 

Ce résultat si essentiel, et qui résume en quelque sorte 
tout le service de l'éclairage , est malheureusement assez 
difficile à obtenir de ces agents. Il faut, pour cela, lutter avec 
constance contre leur tendance trop générale à tenir les 
flammes basses, et savoir donner, au besoin, quelque 
exemple de juste sévérité. Ils allèguent d'ordinaire , pour 



1 Pour cette simple répétition, on procède ordinairement d'une manière un 
peu plus rapide que ne l'indiquent les. articles 23, 24 et 25 de l'Instruction 
à l'usage des gardiens, c'est-à-dire, qu'au lieu d'employer une heure pour 
mettre la flamme en plein développement, on la porte à toute hauteur en 
une demi-heure. On fait ainsi charbonner les mèches qu'il faut ensuite mou- 
cher de nouveau pour l'allumage du soir. 



111* SECTION. — DIRECTION ET SURVEILLANCE DU SERVICE. 57 

pallier leurs infractions à l'art. 2 5 de l'Instruction de i835 , ciumthe i". 
le danger de faire fumer les lampes et. de casser les che- umùâhim. 
minées. Mais, la véritable explication se trouve la plupart 
du temps, dans la paresse cari cherche à se soustraire aux 
sujétions de la surveillance qu'exige le maintien des 
flammes en plein développement. 

Pour mieux fixer l'attention et prévenir tout malentendu 
sur ce point capital, on a joint, à cette Instruction, les 
images, en grandeur réelle, des flammes normales des 
lampes des trois premiers ordres. Fig.33,3*«35. 

Dans l'inspection des panneaux lenticulaires et des mi- Eum» 
roirs composant la partie opticpie de l'appareil, on doit pi««s optiques 
rechercher avec soin si les procédés de nettoiement ne '"pp?™ 1 

1 _ d'éclairage. 

sont pas irrégulièrement et maladroitement appliqués. Cela 
se reconnaît aux petites raies qui ne manquent pas de se 
former a la surface des verres lorsqu'on les essuie sans les 
avoir préalablement époussetés , ou lorsqu'on emploie à 
leur nettoiement du rouge mal préparé. 

Dans le cas où l'on a lieu de soupçonner que quelque 
miroir a été dérangé, on vérifie sa position en procédant 
ainsi qu'il suit : 

S'il s'agit d'un miroir des zones supérieures au tam- 
bour lenticulaire , on enlève le bec de la lampe de ser- 
vice et on le remplace par une tige verticale ayant son 
sommet au foyer de l'appareil. Cela fait , on place l'œil au 
point focal, afin de reconnaître si l'horizon de la mer se 
peint au. milieu de la glace à vérifier. Dans le cas con- 
traire on fait jouer les vis de calage jusqu'à ce que ce 
résultat soit obtenu. 



58 



INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 



Marcs 
Icnticalair 



S'il s'agit d'un miroir inférieur aux lentilles, on prend le 
point de visée à l'aplomb du bord supérieur du bec , dans 
la partie la plus voisine de ce miroir, et à 1 o , 8 ou 6 mil- 
limètres au-dessus dudit bec , selon qu'il s'agit d'un appa- 
reil de premier, do second ou de troisième ordre. 

E arrive communément que le tain des miroirs des zones 
inférieures s'altère , au bout d'un certain temps, par l'action 
des rayons solaires, et quelquefois aussi par l'humidité. 
On obvie à la première cause d'altération en ayant soin de 
tenir, durant le jour, l'appareil garni de sa robe, et l'on pré- 
vient l'introduction de l'humidité par l'entretien attentif du 
masticage des cadres des miroirs. Il est rare, au surplus, 
que les piqûres des miroirs soient de nature à réduire, dans 
une forte proportion , la quantité de lumière réfléchie. 



Eiamen 

du mécanisme 

de rotation 

des appareils 

3 feu changeant. 



Après cette vérification de l'état de la lampe et de la 
partie optique de l'appareil, on aura à examiner le méca- 
nisme de rotation, supposé qu'il s'agisse d'un phare tour- 
nant. A cet effet, on le fera marcher, et l'on vérifiera la 
durée d'une révolution. Si le mouvement est reconnutrop 
rapide ou trop lent, on le modifiera, ainsi qu'il est indiqué 
ci-dessus, d'après l'Instruction de 1 835 (art. 63). 

Si le poids nécessaire au mouvement régulier dépasse 
notablement la limite ordinaire , on recherchera les causes 
de l'excès de résistance. A cet effet , l'on vérifiera d'abord , 
avec un niveau à bulle d'air de i5 à 20 centimètres, 
l'horizontalité du plateau sur lequel roule le charriot cir- 
culaire de l'armature mobile. On pourra ensuite désen- 
grener la roue supérieure de la machine, afin de recon- 
naître si les causes d'arrêt ne tiennent, pas à cette machine 



III" SECTION. — DIRECTION ET SURVEILLANCE DO SERVICE. 59 

elle-même, ce dont on jugera d'après le poids nécessaire aun i". 
pour la faire fonctionner. luiicukim. 

Si le plateau circulaire est déversé , on pourra recourir 
au calage de la colonne de l'armature , ainsi qu'on l'a dit 
plus haut. 

Si les irrégularités du mouvement tiennent à la ma- 
chine , on pourra la faire démonter, nettoyer et remonter 
par les gardiens, ou bien la faire visiter et réparer, au 
besoin , par un horloger-mécanicien. 

Après ce premier examen de l'appareil, il faut se faire objets 
représenter les objets de rechange et ustensiles , qui doivent «'«uniX 
se trouver réunis dans la chambre de la lanterne et renfer- doivent se trouver 

dans 

mes , tant dans une petite armoire-buffet , crue dans les , la «•■•«•b» 

* * de la lanterne. 

cases de l'estrade de la table de service, s'il s'agit d'un 
phare de premier ordre. 

Parmi ces objets nous citerons particulièrement : 

i° Une lanterne d'allumeur avec petite lampe à main 
appelée lucerne; 

2° Quatre cheminées de rechange ; 

3° Un bec de rechange, parfaitement nettoyé et garni de 
mèches sèches ; 

k" Une boîte en fer-blanc , à compartiments , appelée pa- 
nier de service , un double assortiment de mèches neuves , 
des ciseaux courbes , deux grattoirs , les calibres servant à la 
pose des mèches , deux goupillons dits queues-de-rat , etc.; 

5° Une boîte en fer-blanc renfermant un morceau de 
peau de chamois de 3o à ko centimètres en carré; 

6° Une boîte oblongue garnie intérieurement d'une 
épaisse étoffe de laine pour faire graduellement refroidir 
les cheminées retirées de l'appareil ; 



Plains 
Italien foîrt 



60 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

7 Un petit bâton de /io centimètres de longueur, garni 
d'un tampon de vieux linge pour nettoyer intérieurement 
les cheminées de cristal; 

8° Quelques serviettes , torchons et chiffons , et une 
brosse à manche. 



Pièces 
île rcchiiii-; 



On passe ensuite la revue des pièces de rechange ap- 
partenant à l'appareil d'éclairage et à son mécanisme, 
savoir : 

i° Deux lampes mécaniques, dont l'une est conservée 
dans une armoire-buffet, à portée de l'appareil, pour rem- 
placer au besoin la lampe de service ; 

On peut, après avoir examiné toutes les pièces appa- 
rentes de ces deux lampes, pour s'assurer qu'elles sont bien 
nettoyées, vérifier l'état des clapets, en faisant démonter 
le corps de pompes ; 

2° Quatre becs de rechange, indépendamment de celui 
qui est conservé dans la chambre de la lanterne ; 

Ils doivent, s'ils ne sont plus neufs, avoir été parfai- 
tement rincés à l'eau de lessive. Il est essentiel, d'ailleurs, 
qu'ils soient tenus à l'abri de la poussière et de l'humidité; 

3° Deux obturateurs en tôle; 

h" Un volant-pendale pour remplacer au besoin celui de 
la machine de rotation ( s'il s'agit d'un phare tournant) ; 

Les parties en acier de cette pièce importante doivent 
être préservées de l'oxydation par l'application d'une légère 
couche de saindoux ou de suif; 

5° Trois petits verrais pour soulever au besoin l'armature 
mobile des appareils tournants ; 



T 



III e SECTION. — DIRECTION ET SURVEILLANCE DU SERVICE. 61 

La conservation de ces verrons demande les mêmes soins ônummi 1". 
que celle du volant de rechange; uniMm. 

6° Les panneaux lenticulaires de rechange; 

Ils doivent être disposés debout dans un casier à por- 
tières, et, si l'on en réunit plusieurs dans une même case, on 
doit avoir soin de les séparer par des tampons d'étoupe; 

7 Les miroirs de rechange; 

Ils doivent être conservés dans une double enveloppe 
de papier de soie et de papier plus fort, et tenus debout 
en paquets ficelés, dans une armoire exempte d'humidité. 



L'examen de la lanterne portera particulièrement sur 
l'entretien de la peinture et du masticage , ainsi que sur l'état 
des pièces de la coupole el des glaces composant le vitrage. 

S II. 

APPROVISIONNEMENTS, USTENSILES ET OUTILS. 

Après l'inspection de l'appareil d'éclairage et de toutes 
les pièces qui en dépendent, succède, dans l'ordre d'impor- 
tance pour le service, la revue des approvisionnements, 
ainsi que des divers équipages , outils et ustensiles mis à la 
disposition des gardiens , tant pour le service d'éclairage que 
pour celui de propreté, savoir : 

i° Les huiles. 

Elles réclament une attention toute spéciale sous le triple 
rapport de leur qualité, de leur quantité, et des dispositions 
prises pour leur conservation. 

On a vu plus haut à quels signes on préjuge la qualité 
des huiles de colza et comment on la constate; 



de l:t lanterne. 



62 



INSTRUCTION SUR I.E SERVICE DES PHARES. 



ClIAl'ITRE 

PUnt 
tnuioahue 



2° Les mèches de cotoh; 

Elles doivent être soigneusement enveloppées de papier 
et renfermées dans une armoire exempte d'humidité ; 

3° Les cheminées de cristal; 

Elles doivent être rangées en évidence dans un casier , et 
en quantité suffisante pour le service de deux années; 

à" Les peaux de chamois et le ronge d'Angleterre; 

On doit les tenir renfermés à l'abri de la poussière et de 
l'humidité ; 

5° Les cordes de rechange pour les lampes mécaniques , 
et pour la machine de rotation , s'il s'agit d'un phare tour- 
nant; 

6° L'huile d'horloger pour les rouages des mécanismes ; 

7° Les filtres, égouttoirs, pompes à main, burettes et autres 
ustensiles servant à transvaser les huiles ; 

8° Les outils tels que tenailles, marteaux, clefs anglaises, 
étaux à main, pinces plates , pinces à couper, limes, etc. 

Us doivent être classés méthodiquement et suspendus au 
fond d'un placard ou buffet. Les pièces en fer ou acier poli 
doivent, d'ailleurs, être préservées de l'oxydation par une 
légère couche de graisse non salée; 

9° Les serviettes et torchons affectés au nettoiement des 
appareils et ustensiles; 

Ces pièces de linge doivent porter le chiffre de l'année 
de la livraison et un numéro d'ordre; 

io° Les balais, brosses et éponges; 

ii° L esprit de vin, l'essence de térébenthine , ainsi que les 
différentes substances servant à la fabrication du mastic de 
vitrier; 

12° Les glaces de rechange; 



III" SECTION. — DIRECTION ET SURVEILLANCE DO t> RVICE. 63 

Elles doivent être en quantité suffisante pour le vitrage aumm ■". 
complet de deux pans de la lanterne ; wJL, 

1 3° L'approvisionnement en combustible; 

î k° Enfin , les vivres de mer, dans les phares où ce genre 
de provisions est obligatoire pour les gardiens. 

S III. 

LOGEMENTS ET MOBILIER. 

L'inspection des logements et du mobilier est loin d'être 
sans intérêt pour le service de l'éclairage des phares, car, 
si l'ordre et la bonne tenue ne régnent pas dans l'habitation 
des gardiens , le désordre et la malpropreté s'étendront in- 
failliblement aux magasins et à la chambre de la lanterne. 

Cette partie de l'inspection , n'ayant rien qui ne soit com- 
mun à toutes celles de même genre, n'appelle aucune ob- 
servation particulière, si ce n'est peut-être quant à l'obli- 
gation imposée aux gardiens d'huiler, aussi souvent qu'il 
peut être nécessaire, les gonds, pentures, verroux, tar- 
gettes, etc. 

On doit, d'ailleurs, veiller au bon entretien du mobilier. 
C'est une des charges de l'entreprise à forfait pour l'éclai- 
rage des côtes de l'Océan et de la Méditen-anée ( art. 1 1 du 
bail) et l'Administration doit y pourvoir dans le système 
mixte d'entreprise et de régie appliqué au service des phares 
de la Manche. 

Quant à l'inspection des bâtiments , sous le rapport des 
grosses et menues réparations, il suffit de la mentionner 
ici pour mémoire, en appelant toutefois l'attention sur 
l'entretien des toitures, qui se trouvent particulièrement ex- 



Phares 
hnticalairi 



64 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

posées à de fréquentes dégradations sur des points en prise 
à tous les vents. 

S IV. 

ÉTATS DE SITUATION , REGISTRE DE QUARTS , ETC. 

Après l'inspection du matériel, il est bon d'examiner les 
registres et notes dont la tenue est spécialement confiée au 
chef-gardien, savoir. 

i°. L'inventaire du mobilier du phare; 

2° Le journal des mouvements d'entrée et de sortie du ma- 
gasin; 

3° Le recueil des états mensuels de situation des approvi- 
sionnements, s'il s'agit d'un phare dans lequel les gardiens 
agents de l'Administration font en régie l'emploi des fourni- 
tures destinées à l'éclairage ; 

k° Le registre de quarts, où. doivent être relatées , pour 
chaque nuit et pour chacun des quarts, les observations 
faites sur les circonstances notables qu'a, pu présenter l'é- 
clairage , ainsi que sur l'état de l'atmosphère , les apparences 
des phares en vue , etc. 

Dans ce même registre peuvent être mentionnés tous les 
événements de nature à intéresser le service, et notamment 
les visites des agents de l'administration, ou autres fonc- 
tionnaires. 

CHAPITRE II. 

FANAUX LENTICULAIRES DE QUATRIEME ORDRE. 

Les indications relatives à l'inspection des phares lenticu- 
laires des trois premiers ordres s'appliquent, sous beau- 



III* SECTION. — DIRECTION ET SURVEILLANCE DU SERVICE. 65 

coup de rapports, aux simples fanaux catadioptriques. On aumum. 
peut donc se borner à présenter, dans ce deuxième cha- Mailltr^. 
pitre, les observations spéciales à ce genre de fanaux. 

En ce qui touche l'examen des lampes servant à les 
éclairer, il y a deux espèces à considérer : 

Les lampes ordinaires à niveau constant et les lampes hy- 
drostatiques de Thilorier. 

Bien crue le mode d'ajustement des lampes à niveau cons- r=amx 

* . J r eatulioptriqu» 

tant, dans les appareils catadioptriques, ne comporte pas &i»w« 
les moyens ordinaires de rappel pour rectifier au besoin a{ma * 0Balani 
la position du bec , il est bon cependant de vérifier s'il est 
bien centré. 

Il faut , pour cela , que son milieu réponde exactement à 
l'axe de l'appareil, et que le dessus de ce même bec se 
trouve placé bien de niveau à 20 ou 22 millimètres en con- 
tre-bas du plan horizontal passant par le milieu de l'anneau 
principal du tambour dioptrique. 

Cette première vérification faite, on examine si la lampe 
est bien nettoyée dans toutes ses parties , notamment dans 
le tube central du bec, et si la robe mobile sur laquelle re- 
pose la cheminée peut s'élever et s'abaisser facilement. 

On peut ensuite retirer la mèche pour reconnaître si le 
niveau de l'huile répond à la hauteur normale, c'est-à-dire 
à 2 millimètres environ , en contre-bas du bord du bec. 

Ainsi qu'on l'a fait remarquer dans la première section , 
il arrive trop souvent que quelque déchirure à la couronne 
du bec occasionne l'épanchement de l'huile. En pareil cas, 
on doit prendre les mesures nécessaires pour la prompte 
réparation ou le remplacement de la pièce détériorée. 

5 



F 



66 



INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES, 



Fanaax 
nUidioplriatu 



Dans les lampes de nouvelle construction, le bec s'ajuste 
à raccord à vis , en sorte que la substitution d'un bec de re- 
cliange s'opère très-facilement sans le secours d'aucun fer- 
blantier. Mais dans les anciennes lampes, il faut, pour 
opérer un tel changement , dessouder le bec à enlever , et 
en souder un autre dans la position exacte qu'occupait 
l'ancien. Or, il est à noter que ce rajustement, tout simple 
qu'il puisse paraître , est presque toujours mal exécuté par 
les lampistes des départements. 

Il est très-essentiel de ne pas quitter le fanal , objet de l'ins- 
pection, avant de s'être assuré que le gardien sait donner à 
la flamme tout le développement qu'elle peut prendre et 
conserver sans rougir ni fumer. 

Si donc la visite a lieu de jour, il faudra faire allumer la 
lampe de l'appareil. 

La mèche et la cheminée étant réglées à hauteur conve- 
nable, on devra obtenir, après une demi-heure ou trois 
quarts d'heure de combustion, un flamme de 35 à ko mil- 
limètres de hauteur, si le bec est de petit calibre , et de 4o à 
A 5 millimètres, s'il est de grand modèle. 



Fannui Le centrage du bec d'une lampe hydrostatique appli- 

,Wrf * quée à l'éclairage d'un fanal catadioptrique est d'autant 
hjd.o»uU(jo8. pj us essen tj e ] à vérifier que cette lampe est simplement 
posée sur un plateau dont on peut faire à volonté varier l'é- 
lévation. 

Pour cette vérification, on fait mettre en place la lampe 
de service, après quoi l'on s'assure crue le centre du bec 
répond à l'axe de l'appareil, et que le dessus de la couronne 
est à 2 A ou 2 5 millimètres en contre-bas du plan focal. 



© École Nationale des Ponts et Chaussées 



III* SECTION. DIRECTION ET SURVEILLANCE DU SERVICE. 67 

La môme vérification doit être appliquée aux deux lampes ou«m ■ 
de rechange. caioii^mço 

Si l'on reconnaissait quelque différence de hauteur entre 
les trois lampes , il faudrait , après avoir fixé les potences d'ar- 
rêt du plateau mobile au point convenable pour la lampe 
la plus haute , faire souder des cales en fer-blanc sous les 
pieds des lampes plus basses. 

Le tube régulateur réclame un examen particulier. On 
s'assure, d'abord, au moyen d'un fil de laiton, que ce tube 
n'est pas engorgé, après quoi, on le fait mouvoir vertica- 
lement pour l'econnaître s'il est suffisamment serré par sa 
boite à cuir et si le niveau de l'huile, à la couronne du bec, 
suit instantanément les petites variations que l'on fait subir 
à l'élévation du tube. 

Pour mieux juger de ces effets, il faut préalablement 
faire retirer la mèche. 

Si cette correspondance instantanée n'avait pas heu, bien 

que le canal du tube régulateur offrît un libre passage à l'air, 

on devrait en conclure l'existence de quelque engorgement 

dans le tube de descente ou d'ascension. En pareil cas, la 

lampe devrait être complètement vidée, puis rincée à la 

lessive bouillante. . 
V 

Pour qu'une lampe de Thilorier fonctionne régulière- 
ment, il faut que le sulfate de zinc liquide, qui remplit le 
réservoir supérieur, ait une pesanteur spécifique égale à une 
fois et demie celle de l'huile. Il est donc essentiel de s'assurer 
que cette condition est remplie, ainsi qu'il a été expliqué dans 
la première section. 

Nous rappellerons, de plus, que la flamme de celte es- Fi g . 3». 



, 



68 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

pèce de lampe doit atteindre, en plein effet, 45 à 5o mil- 



Fanaux 

•ntodiopiriqu,*. il mètres. 



Entretien 
de propreté. 



; des pièces 

de 
ange , elc. 



L'entretien de propreté des fanaux catadioptriques re- 
quiert d'autant plus de soin, qu'étant généralement peu 
élevés au-dessus de la plage qu'ils éclairent, ils sont cons- 
tamment exposés à la poussière siliceuse que les vents 
soulèvent et font pénétrer jusque dans les chambres de 
lanternes le mieux closes. Il faut donc recommander ins- 
tamment aux gardiens d'épousseter souvent les appareils 
dont il s'agit, et de ne jamais manquer de commencer par 
là tous les nettoiements des pièces en verre , afin d'éviter 
d'altérer leur poli. 

Pour procéder méthodiquement à la revue des pièces 
de rechange, ustensiles et outils dépendant de chaque fanal , 
on consultera l'inventaire de ces objets. 

Dans cette revue, on doit porter une attention tout spé- 
ciale sur l'état des lampes et des becs de rechange. 

S'il s'agit d'inspecter un fanal à lampe hydrostatique , on 
n'oubliera pas de se faire représenter les entonnoirs-bou- 
chons, ainsi que les bouchons simples des becs de lampes, 
et les aréomètres servant à régler la pesanteur spécifique 
du sulfate de zinc liquide. On s'assurera, d'ailleurs, qu'il 
y a en approvisionnemert une quantité suffisante de ce sel , 
soit liquide, soit en pain. 



III e SECTION. — DIRECTION ET SURVEl I.LANCE DU SERVICE. 69 

CHAPITRE III. 

PHARES ET FANAUX A RÉVERBÈRES. 

Si l'on rapproche les indications présentées dans la pre- 
mière section , relativement à la composition des appareils 
catop triques, de ce qui vient d'être dit sur l'inspection des 
phares lenticulaires, et sur les lampes à niveau constant 
des appareils de quatrième ordre, on se rendra aisément 
compte de la marche à suivre, et des principales observa- 
tions à recueillir dans l'inspection des phares et fanaux de 
l'ancien système. 

Le centrage des becs de lampe dans les réflecteurs pa- 
raboliques, ne pouvant pas être modifié parles gardiens, 
reste en dehors des prescriptions qui les concernent, et l'on 
peut se dispenser de le vérifier, à moins d'avoir quelques 
raisons de soupçonner qu'il y a eu erreur dans cette partie 
de la construction de l'appareil. 

Il n'en est pas de même de la position de ces réflecteurs 
sur leur armature. Il arrive assez fréquemment que, par 
effet d'usure ou de déformation des attaches , ils penchent 
vers la mer, ou se relèvent vers le ciel , auxquels cas la ma- 
jeure partie du faisceau lumineux se trouve perdue pour le 
navigateur. 

La position normale répond à la verticalité du plan de 
l'ouverture du paraboloïde , si le phare n'est pas très-élevé. 

Si le foyer domine le niveau de la mer de plus de 7 5 à 
80 mètres, il convient que l'axe du réflecteur soit légère- 
ment incliné, de telle manière que son prolongement vienne 
aboutir à l'horizon. 



70 INSTRUCTION SUR LE SERVICE DES PHARES. 

cuipmn m. Quelle que soit , d'ailleurs , la position assignée au réflec- 
«*£',"* leur, il faut que la couronne du bec de lampe se trouve de 
niveau , et si une rectification était à faire à cet égard, elle 
exigerait le concours d'un habile ferblantier-lampiste. 

Dans l'inspection des réverbères sidéraux, à deux nappes 
paraboliques , on aura soin d'examiner si le godet-égouttoir, 
placé sous la nappe inférieure, n'est pas disposé de manière 
à ce que, lorsqu'il vient à se remplir d'huile, il obstrue le 
courant d'air du bec de lampe , ce qui déterminerait l'ex- 
tinction. En pareil cas, il faudrait faire pratiquer immédia- 
" tement de fortes échancrures sur les bords du godet. 

Le mode de nettoiement des réflecteurs est un des points 
les plus essentiels à contrôler dans la visite d'un phare ou 
fanal catoptrique , car la quantité de lumière réfléchie peut 
singulièrement varier selon que le poli du miroir métal- 
lique est bien ou mal entretenu. On doit donc tenir la main 
à ce que le rouge d'Angleterre employé à cet effet soit 
purifié soigneusement par la méthode indiquée dans l'Ins- 
truction de 1 835 ( art. y i ). 

Nous rappellerons, à ce sujet, que le réargentage des 
réflecteurs , qui fait partie des obligations de l'entreprise de 
l'éclairage des côtes de l'Océan et de la Méditerranée , ne 
concerne que les réflecteurs non plaqués, et simplement 
argentés, comme on les exécutait autrefois. 

S'il s'agit d'un réverbère sidéral suspendu à une potence , 
l'inspection devra s'étendre au mécanisme à l'aide duquel 
la lanterne s'élève et s'abaisse. 

Dans la revue des pièces de rechange et ustensiles ap- 
partenant aux fanaux de cette dernière espèce , on aura par- 



III e SECTION. — DIRECTION ET SURVEILLANCE DD SERVICE. 71 

ticulièrement à vérifier le nombre des porte-mèches , ainsi «unn 

d, i /, , i • Phares et fan 

es porte-verres en bon état de service. & rb»riin 



De plus amples explications , en ce qui touche les phares 
et fanaux catoptriques , paraissent d'autant moins néces- 
saires, que leur service comprend beaucoup de détails com- 
muns à l'éclairage des villes, ainsi qu'à l'éclairage domes- 
tique. 



Présenté à l'approbation de M. le Sous-Secrélaire d'État des Travaux 
publics. 



Paris, le îA août 18A1. 



L'Ingénieur en chef Directeur, 
Secrétaire de la Commission des pliarcs , 
Signé L. Fresnel. 



Vu et apronvé : 
Paris, le 17 novembre lSbl. 
Le Sons-Secrétaire d'Etat des Travaux publics , 
Siané LEGRAND. 



1 



TABLE DES MATIÈRES. 



Préambule 1 

1" SECTION. Notions sur la composition et le service des appareils à éclai- 
rage des phares maritimes 2 

Chapitre i". Phares et fanaux lenticulaires 3 

S I". Système optique lbid. 

S IL Armatures 8 

S III. Lampes mécaniques et autres employées 
à l'éclairage de» phares et fanaux len- 
ticulaires lbid. 

S IV. Machines de rotation s3 

Chapitre n. Phares et fanaux catoptriques 24 

S I". Composition des appareils à réverbères, lbid. 
S II. Lampes des appareils à réverbères. ... 26 

S III. Machines de rotation 27 

II* SECTION. Organisation da service des phares. . . 29 

Chapitre i". Matériel 3o 

S 1". Installation des phares et fanaux lbid. 

S IL Entretien des lanternes et des appareils 

d'éclairage 33 

S 111. Equipages, ustensiles et objets divers.. 39 
S IV. Approvisionnements en huile, mèches, 

cheminées, linge, etc /10 

S V. Emménagement des édifices 45 

Chapitre ii. Personnel au' 

III* SECTION. Direction et inspection da service des phares et fanaux. ... 5i 
Chapitre I e ". Phares lenticulaires des trois premiers ordres. lbid. 

SI". Appareils d'éclairage et lanternes 52 

SU. Approvisionnements, ustensiles et outils. 61 

S III. Logements et mobilier 63 

S IV. États de situation, registre de quarts, etc. 64 
Chapitre n. Fanaux lenticulaires de quatrième ordre. . . lbid. 
Chapitre m. Phares et fanaux à réverbères 69 



Instiuition svit \,v, Skiivici: DÈS PHARES, 



Planche I. 



Tambour a feu fixe. 



Profil generateui-. 




Kig. 2. 

Lentille composée plan convexe. 




Tambour a eolii 



Système a feu fixe varie par des éclats. 




LU 




LrtK do illnp; 



APPAREILS LENTICULAIRES OU DIÛPTRIQUES 
© École Nationale des Ponts et Chaussées 



In.stkittiox sut le Service dus Phases. 



I'I.-uhVII. 




SYSTEMES ACCESSOIRES DES APPAREILS LENTICULAIRES 
© École Nationale des Ponts et Chaussées 



Instruction sur « Sbhvicb uïs Phares 



Planche III 




Litk. de îTrepriraerie Royale . 

LAMPE MECANIQUE À MOUVEMENT D'HORLOGE 



© École Nationale des Ponts et Chaussées 



Instruction son le Service des Phares 



Planche IV 




Lith.de limpimorie Royale 

LAMPE MECANIQUE À ECHAPPEMENT À CHEVILLES. 



Instruction sur le Service des Phares. 



Planche V 




Lith tfe l'Imprimerie Boyale . 



LAMPES MECANIQUES A CAMES . 



Instruction sur le Service dus Phares. 



PlaticheVl 




iifc.d* i'fnptîrasne Boyalo. 



LAMPES A NIVEAU CONSTANT ET A BEC D'ARGANT. 



INSTRUCTION SUB LE SERVICE DES PHARES 



l'liUulH'VII. 




. : . 



LAMPE HYDROSTATIQUE AU SULPATEDE ZINC. 



Instruction sub le Service des Phares. 



PlaacheVIII. 




" • Uik.it llmprimm. Boynl 

MECANISME DE ROTATION D'UN APPAREIL LENTICULAIRE DE I e " ORDRE 



Instruction si» le Service des Phares. 



Planche IX. 



Fanal aiderai de 
Fîg 



Réverbère parabolique. ** 
K.a- 28 

A 



Bordier-Marcet . 
32. 



Réflecteur 
à double foyer . 




LilH. df l'Imprirawie Hoyoie. 



APPAREILS A REVERBERES OU CATOPTRIQUES. 



l.v.srnir'noN srii i.k Skiivick m: s I'iiaiw 



1*1 I„- X 




iEC DE LAMPE MECANIQUE DE PREMIER ';HL>RE 



Instruction sur le Service des Phares. 



Planche XI. 




BECS DE LAMPES MECANIQUES DE SECOND ET DE TROISIEME ORDRE . 



Instruction sur le Service des Phares. 



PWie XII 




LilH. d*l linpom»!!» P.oyoïo. 

BECS DE LAMPES DE FANAUX CATADIOPTRIQUES (4 e ordre). . 



Instruction &uh i.k Sehvice des Phares. 



Planche X1IÎ.